Les recherches sur le mal-logement se focalisent en général sur les locataires en situation de vulnérabilité. Cet article, issu d’une thèse en sociologie à paraitre en 2027, propose de nous pencher sur les trajectoires et les pratiques des bailleur·esses louant aux bénéficiaires de l’aide sociale qui jouent un rôle central dans ces mécanismes d’exclusion. Partie prenante d’un système au croisement des logiques économiques et du contrôle social, à la frontière entre exploitation marchande et encadrement normatif et moral des locataires bénéficiaires pauvres.
L’article qui va suivre présente un projet qui voit le jour en ce début d’année 2026. La maison « Deleuze » – portée par un groupe d’associations regroupées au sein de l’asbl Capuche – est un ensemble de cinq appartements neufs réservés à de jeunes locataires accompagné·es par des services bruxellois d’Aide à la jeunesse. Humble mais nécessaire contribution dans un contexte où les difficultés de l’Aide à la jeunesse se conjuguent à la crise du logement, ce bâtiment pose aussi les briques d’un certain nombre de propositions et d’innovations.
Parmi les 10 000 personnes sans chez-soi recensées à Bruxelles lors du dénombrement de novembre 2024, une part mal connue vieillit en rue, dans les centres d’hébergement d’urgence ou dans d’autres structures d’accueil temporaire et cela, dans des conditions souvent inadaptées et sans réelle perspective de sortie. Certain·es sont sans papiers, sans revenus, malades ou fragilisé·es et ne pourront pas accéder à un logement pérenne ou même à une maison de repos. C’est un des constats portés par le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH) qui s’est attaqué, dans sa dernière étude1, à la privation de logement chez les personnes vieillissantes et âgées. En voici un aperçu..
En novembre 2023, le colloque international1 « Habiter le care » proposait de penser le logement et l’habitat à la lumière des études de genre. L’occasion de réfléchir à la possibilité du care comme principe d’aménagement du territoire pour faire face à la crise du logement ou encore de mettre en lumière des habitats féministes. À l’occasion d’un ouvrage issu de ces réflexions, à paraitre prochainement2, nous vous proposons de découvrir deux projets qui placent le care au centre : [ro*sa], collectif d’habitat par et pour les femmes créé au début des années 2000 à Vienne, avec Ingrid Farag, psychothérapeute et une des premières militantes du projet [ro*sa] ; le projet Casa Berta, avec Paola Santos, l’une des coordinatrices de l’association « Mujeres Migrantes Diversas » (« femmes migrantes plurielles ») qui a initié cet habitat par et pour les travailleuses domestiques et du soin à Barcelone.
Le Collectif du 5 novembre est né au lendemain des effondrements de la rue d’Aubagne à Marseille en 2018, à l’initiative d’habitant·es et de sinistré·es. Ce drame et ses conséquences ont causé la mort de huit personnes et laissé 10.000 personnes sans habitat. Le collectif a non seulement accompagné les délogé·es mais a aussi mené une mobilisation longue et massive contre l’habitat indigne à Marseille, engrangeant plusieurs victoires. Retour sur cette lutte et ses stratégies avec Kevin Bhema Vacher, membre fondateur du Collectif.
Dans son ouvrage De gré ou de force. Comment l’État expulse les pauvres (La Découverte, janvier 2023), le sociologue français Camille François remonte la chaine de l’expulsion, de l’endettement à la perte du logement, au plus près des acteurs, locataires, mais aussi agents de recouvrement, juges et policiers. Cette enquête permet de faire comprendre les mécanismes à l’oeuvre dans les expulsions, phénomène en hausse et encore trop peu visible et documenté1.
Comment réactiver la collaboration entre puissance publique, moyens privés et initiatives associatives et citoyennes pour dépasser le paradigme néo-libéral du partenariat public-privé et tenter de redéfinir ensemble des politiques de logement émancipatrices à long terme? Analyse d’une nouvelle approche de la gestion foncière, le « Housing Deal » dans la Région de Bruxelles-Capitale. a crise du logement n’épargne pas Bruxelles.
Par Thomas DAWANCE, doctorant à la VUB, Cosmopolis/SARLab et Veronica PEZZUTI, Coordinatrice de l’asbl SoHoNet
Face à l’apparente incapacité des pouvoirs publics à offrir des réponses concrètes et adéquates en matière d’accès à des logements abordables, des citoyen·nes s’organisent. Par leurs actions, ils et elles défendent un accès à la ville pour toutes et tous et remettent en question la légitimité de l’« ordre propriétaire ». Comment pérenniser ces initiatives et offrir un horizon réaliste aux revendications du droit à la ville ?
Par Maxime ZAÏT, chercheur en droit à la VUB, co-fondateur de l’ASBL Communa
Le Parlement bruxellois a voté une ordonnance « visant à instaurer une commission paritaire locative et à lutter contre les loyers abusifs » 1. L’entrée en vigueur de cette ordonnance est subordonnée à des mesures d’application qui doivent encore être prises et ne sont pas attendues avant plusieurs mois. Il n’est cependant pas prématuré d’en faire un bref commentaire 2.
Depuis la dernière réforme de l’État, les Régions sont dotées de nombreux nouveaux outils fiscaux, notamment en matière de fiscalité immobilière. Les réformes empruntées par les gouvernements régionaux diffèrent, tout comme leur rythme d’exécution. Du côté wallon, la réforme annoncée du précompte immobilier est toujours dans les cartons même si les orientations ont déjà été annoncées. De ce que l’on sait à ce stade, que peut-on tirer comme enseignements en termes de justice sociale, d’accès au logement, mais aussi de cohérence d’ensemble ? Éclairage.