La pauvreté reste prégnante en Europe, malgré les engagements pris par les États membres de l’Union lors de l’adoption de la stratégie de Lisbonne en 2000. Ces dix dernières années, le nombre de personnes en situation de pauvreté n’a pas diminué. Et au lendemain de l’année européenne de lutte contre la pauvreté, dans une Europe de 500 millions d’habitants, 120 millions de personnes sont menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale. Pendant ce temps, les critères de la «stratégie 2020» s’avèrent trop flous et la nouvelle gouvernance économique fait craindre une aggravation de la situation.
Le Parlement européen est impliqué dans le vote d’un «paquet» de six propositions législatives destinées à répondre au manque de discipline budgétaire. Cette réforme des règles de l’Union économique et monétaire entend durcir le pacte de stabilité et de croissance et introduire des sanctions contre les États. Elle se fait dans l’urgence et en dépit des procédures démocratiques habituelles. Une réforme qui risque de creuser davantage le fossé entre les institutions, les États et les citoyens européens.
Forte de son succès en matière d’exportation et d’une croissance économique florissante, l’Allemagne est érigée en « bon élève » de l’Europe. Il n’en fallait pas plus à de nombreux économistes et éditorialistes « faiseurs d’opinions » (The Economist, Trends-Tendances, L’Echo, Itinera…) pour en faire le modèle économique à suivre. Au final pourtant, celui-ci pourrait s’avérer dangereux pour l’avenir même de l’intégration européenne!
La déstabilisation de l’Union économique et monétaire (UEM) par les marchés financiers suite aux attaques sur la dette publique grecque a précipité le renforcement de la coordination des politiques économiques en Europe. Depuis la création de l’UEM, nombreux sont ceux qui avaient souligné qu’une union monétaire sans coordination des politiques économiques n’était pas un système viable. Et pourtant, intérêts nationaux obligent, les avancées étaient jusqu’ici restées bien faibles…