Les subventions accordées aux associations se déploient dans un cadre juridique de plus en plus rigoureux, imposant des conditions d’éligibilité strictes et des évaluations pointues. Une étude publiée par le CESEP en avril 20261 – dont cet article s’inspire – met en lumière l’impact de ces cadres sur l’autonomie des associations d’Éducation permanente et d’Insertion socioprofessionnelle en Wallonie.
Face aux impasses écologiques et sociales d’un système agro-industriel mondialisé,nous devons opérer une rupture radicale : cesser de traiter l’alimentation commeune simple marchandise soumise aux lois du marché. L’alimentation comme commun est un horizon politique et libérateur qui exige de démanteler les logiques de profit et les relations fondées sur l’exclusion, l’exploitation et l’extraction afin de remettre le soin et la subsistance au coeur de nos systèmes alimentaires.
Les émotions ne sont pas toujours prises en compte pour comprendre la politique. Peur, colère, joie sont encore souvent reléguées à la sphère individuelle. Considérant, comme bien d’autres chercheur·es, qu’elles sont essentielles à notre compréhension du monde politique et social, Louise Knops creuse depuis plusieurs années la dimension politique des émotions ainsi que leur fonction dans les luttes. Cet article est issu de différents travaux en cours et de discussions collectives1, dont un séminaire, le 13 février 2026, organisé par une délégation de permanent·es syndicaux·ales de la CSC et centré sur la question des émotions et de l’action collective.
(c) Nadia Diz Grana
Définie par le sociologue français Didier Fassin comme « la production,la répartition, la circulation et l’utilisation des sentiments moraux, des émotions et des valeurs, des normes et des obligations dans l’espace social », l’économie morale se révèle être un concept pertinent et fécond pour analyser le travail social réalisé avec des personnes sans papiers.
L’économie sociale n’est pas un phénomène récent, elle s’est installée dès le 19e siècle. Toutefois, dans les dernières décennies du 20e siècle, des initiatives solidaires ont dynamisé l’économie sociale à tel point que l’expression d’économie sociale et solidaire (ESS) s’est largement diffusée au niveau international. Même si, dans certains contextes, comme la Belgique ou le Québec, l’expression économie sociale reste la plus usitée, l’objet de cette contribution est de montrer que l’ESS n’est pas un aménagement à la marge de l’économie sociale, car elle peut fournir l’opportunité d’une reconfiguration d’ensemble à partir de la prise en compte des émergences récentes.
Dans son ouvrage Les nouveaux contremaîtres. Enquête sur la surveillance au travail à l’heure de l’IA, Clément Pouré retrace l’histoire et le déploiement de la surveillance technologique au travail (et jusqu’au domicile) – caméras, géolocalisation, analyse vocale, etc. – en articulant les évolutions récentes du travail avec des phénomènes constitutifs du capitalisme industriel. Il montre les conséquences violentes de ces nouvelles formes de contrôle sur les salarié·es, en particulier les travailleur·ses dits « peu qualifié·es » qui en sont les premières victimes.
Une proposition de loi encore en examen vise à permettre aux CPAS de consulter des données financières des demandeur·ses d’un revenu d’intégration ou d’une autre forme d’aide sociale. Cette proposition renverse le regard porté sur les bénéficiaires de l’aide sociale : de sujets de droits confrontés à une situation de besoin, ils deviennent des suspects potentiels, dont la bonne foi doit être vérifiée par défaut. À force de vouloir traquer des abus marginaux, on risque de fragiliser un système fondé sur la solidarité et la confiance.
Thierry Müller a une longue vie d’engagements dans la région liégeoise, auprès des chômeur·ses, des personnes sans papiers, dans la défense des droits culturels et sociaux. Dans ce nouvel ouvrage « Glissements » (Edern Éditions), Thierry Müller retrace son parcours d’aidant proche de sa maman, d’abord à domicile puis en maison de repos. Via ses observations quotidiennes personnelles, il décrit avec sensibilité le rôle d’un aidant proche et relève les violences au sein des maisons sur les travailleur·ses, les patient·es et leurs proches.
Les minorités sexuelles et de genre dans le champ carcéral connaissent une nouvelle visibilité en matière de santé. Malgré le développement de recommandations à cet égard, cet article pose la question de l’effectivité réelle des soins de santé des personnes trans détenues – et surtout des femmes trans, catégorie la mieux documentée – en articulation avec les manquements systémiques des soins de santé en milieu carcéral belge.
La santé des personnes détenues demeure un angle mort de nos politiques pénitenciaires, révélant un manque de vision et d’engagement politique. Les conséquences sont lourdes, tant pour les détenu·es que pour les soignant·es. Alors que la population carcérale augmente et que la précarité et les troubles psychiques s’aggravent, il y a urgence d’agir pour garantir aux détenu·es un accès effectif à des soins de qualité, comme l’exigent les normes belges et internationales. Entretien avec Kris Meurant, directeur pôle Psycho-social chez Transit ASBL