Billet dhumeur dec21Hier, comme tout le monde, j’ai été atterrée par le clip de campagne d’Éric Zemmour. Haineux, glauque, étriqué… Mais dès l’entame du discours, les mots choisis m’ont frappé : « un sentiment étrange et pénétrant »… Mais c’est du Verlaine ça ! Qu’est-ce qu’il fait là Zemmour ? Il plagie ? Il essaye de parler à l’inconscient des Français ?

C’est vrai que la langue en France, c’est sacré ! On l’a vu avec la polémique qui a flambé suite à l’admission dans le dictionnaire en ligne du Robert du pronom « iel ». Les Français se sont sentis plus menacés par ce petit mot de trois lettres que par le variant Omicron. Et plus concernés que par la mort de 27 migrants dans la Manche. Quelle tristesse. Mais dans le fond, n’est-ce pas le rejet de l’autre qui lie ces deux situations ? La langue est pourtant un métissage, comme notre société. La langue vit, décrit le réel et répond aux nouveaux besoins qui apparaissent.

Que les conservateurs veuillent garder intacte la langue de Racine et de Corneille… très bien ! Mais alors, qu’ils oublient le café, le sucre, la guitare, et les milliers de mots qui forment leur quotidien et qui viennent d’ailleurs. Mal nommer les choses, c’est ajouter à la misère du monde disait Camus. Bien les nommer, c’est commencer à retirer de la misère au monde. Homophobie, grossophobie, féminicide, validisme. Ces réalités existent désormais au grand jour alors qu’avant, ces discriminations et violences faisaient souffrir en silence. Alors « Iel », sois le bienvenu dans notre langue ! 

 

Le Gavroche

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