9782707198815Le constat de l’essayiste français Benoît Borrits est clair. Pour lui, la gauche n’a plus de projet de dépassement du capitalisme. Dans Au-delà de la propriété, l’auteur explique ainsi que la gauche a échoué à imposer la propriété collective des moyens de production, que ce soit via l’étatisation ou le modèle coopératif. Le premier de ces modèles implique une concentration du pouvoir excluant ceux.celles au nom de qui elle a été réalisée. L’idée de coopérative, quant à elle, montre ses limites car le capital tend la plupart du temps à reprendre le dessus en cas de succès de l’entreprise. Les échecs de ces deux grandes formes de propriété collective sont, selon Benoît Borrits, inhérents à la notion même de propriété. Il la considère comme excluante et centralisatice par nature : « Même collective, une propriété reste un instrument d’oppression ».


Après un nécessaire aperçu historique qui met en lumière les différents échecs de ces expérimentations, l’auteur s’attaque aux solutions. Celles-ci passent par les « communs », à savoir des ressources partagées, gérées et maintenues collectivement par une communauté. Il promeut aussi d’autres types d’entreprises, parmi lesquelles des coopératives qui appartiennent aux travailleur.euse.s, supervisées par les usager.ère.s. Des coopératives qui échappent aux lois du marché et qui doivent s’inscrire dans un autre système économique, plus socialisé et une autre forme de démocratie, ancrée dans des expériences concrètes. Selon Benoît Borrits, c’est l’articulation de ces différents communs qui permet d’envisager la disparition totale de la propriété productive.
Des idées séduisantes qui révèlent toutefois un impensé : la manière concrète d’arriver à cette économie des communs. 

 

 

Benoît BORRITZ, Au-delà de la propriété. Pour une économie des communs, Paris, La Découverte, 2018, 250 pages

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