Le juge : « Faites entrer l’accusé ». La tête engoncée dans les épaules, l’accusé entre et s’assied. Le procureur entame son réquisitoire : « L’accusé ici présent est un incorrigible prédateur qui, depuis plus de trente ans, empoisonne littéralement la vie de son entourage. Ses méfaits sont innombrables : il défigure les villes, endommage les campagnes, il anéantit les hommes, salit les femmes, abîme les enfants, il rend les riches scandaleusement plus riches, et maintient les pauvres dans leur misère. Il pollue la nature, manipule l’agriculture, rend irrespirable l’air des villes, empoisonne l’eau. Il gache la culture, déforme l’enseignement, détruit le vivre ensemble, abêtit les peuples et leur ment constamment pour mieux les asservir. Il s’érige en puissance quasi-divine, ne nomme ses lieutenants que parmi ses affidés et étend son pouvoir sur la planète entière en corrompant et en menaçant. Il méprise toutes valeurs étrangères à son intérêt. Voyez par vous-même, votre Honneur : aujourd’hui, il dérègle les conditions mêmes de la vie sur terre : le climat. C’est pourquoi, je réclame la condamnation de l’accusé aux travaux d’utilité publique à perpétuité ». La parole est à la défense. « Certes, votre Honneur, mais mon client, le capitalisme, produit ! ». Le juge, après un court instant de réflexion : « Acquitté ».

Le Gavroche

Rien de neuf sous le soleil

D’accord, les Déclarations de politique ne relèvent pas de la franche rigolade. Pourtant,… Lire la suite
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