Ça me fait toujours un peu rire, ces responsables marketing de grandes entreprises de gadgets (c’est-à-dire à peu près 90 % du secteur productif) qui, lorsqu’on leur demande à quoi servent tous leurs bibelots, répondent : « à satisfaire la demande du consommateur ». Rappelez-vous le Salon de l’Auto et sa fameuse attraction : le Hummer, un blindé militaire américain reconverti en 4x4 urbain et vendu 45 000 euros (sans option). Ben oui, il paraît que c’est le consommateur qui l’a demandé. Après tout, c’est comme les trafiquants de drogue : ils ne font que répondre à la demande... N’empêche, j’ai comme un doute. Mais bon, c’est trop facile de ne critiquer que Hummer. Reconnaissons que tous les jours, on achète des brols inutiles. Et si vous ne me croyez pas, ouvrez vos armoires, vos tiroirs... Remplis de plein de choses dont on ignorait totalement qu’elles nous étaient absolument indispensables. Et dont on ne comprend toujours pas aujourd’hui pourquoi, un jour, on les a achetées. Pas vrai ? Donc, en somme, on est tous un peu des junkies de la consommation. Chaque fois qu’on achète, on se projette un peu dans le futur. « Avec ce nouveau truc, je vais enfin pouvoir faire xyz ». Acheter, c’est se promettre qu’on vivra mieux demain, que ce soit avec un Hummer ou avec la clé USB qui bouge automatiquement la souris pour éviter que l’économiseur d’écran du PC ne s’affiche (oui oui, ça existe !). Après, on a le blues du post-achat quand on s’aperçoit que finalement le meilleur futur est redevenu un banal présent. Et on met le Hummer au tiroir. Tiens, j’en ai déjà vu un d’occasion sur internet. Full options. Une affaire, parait-il...

Le Gavroche

Rien de neuf sous le soleil

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