content 286 A cote de nous le deluge C1 rvbBRPour beaucoup, le geste est familier. Choisir sa capsule parmi une multitude de goûts (corsé, fruité, doux...) la placer dans le petit réservoir prévu à cet effet, presser et humer l’odeur du café qui s’en dégage avant de le consommer. Un geste banal, convivial même... Sauf quand on daigne regarder l’envers du décor, celui des conditions de production de ces capsules d’aluminium. Fabriquées à partir de la bauxite extraite de gisements situés dans le sud de l’hémisphère, elles ont un coût environnemental et humain qui donneront au café un goût amer. Pour leur fabrication, des pans entiers de forêt sont défrichés, des habitats naturels détruits, des hommes et femmes exploité·e·s dans les mines...

Un simple exemple ? Un parmi d’autres que Stephan Lessenich, professeur de sociologie à l’Université de Munich, utilise pour décrire le concept d’externalisation qui caractérise les sociétés industrielles et riches du Nord. Une prospérité acquise « à travers leur capacité de transférer aux pauvres d’ailleurs le fardeau de leur développement industriel », les profits des uns correspondant aux pertes des autres. Mais cette vie aux dépens des moins bien lotis ne pourra pas se prolonger indéfiniment. Un avertissement ? Plutôt un constat. Le déluge social et écologique dont parle Stephan Lessenich est déjà là, à côté de nous. Une prise de conscience à laquelle au sortir de ce livre on ne peut plus échapper et qui ne peut que nous inciter à une remise en question du capitalisme d’abondance dans lequel nous baignons. #

 

 

Stephan Lessenich , À côté de nous le déluge, La société d’externalisation et son prix, Montréal, Écosociété, 2019, 232 pages

Le Gavroche

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