Septembre 2007. Un mois qui devrait faire date dans les annales des universités de la Communauté française Wallonie Bruxelles. D’aucuns parlent de révolution copernicienne, tandis que d’autres n’y croient pas du tout… La « VAE», ou « valorisation des acquis de l’expérience », s’invite et s’installe par décret dans nos universités 1. Qu’est-ce à dire ? Qu’indiquent ces trois petites lettres qui forment un sigle de plus en plus présent dans les discours des responsables politiques et universitaires lorsqu’ils parlent de l’enseignement supérieur ? Examinons les faits, le contexte et les enjeux de cette « innovation » à l’université.

 
Première explication par l’exemple. Vous êtes associé depuis dix ans au travail d’un musée où vous avez été engagé parce que vous aviez fait des stages d’archéologie, votre passion. Vous n’avez pas les titres requis, mais à force de fréquenter des spécialistes et de participer à la mise en place d’expositions et formations diverses, vous avez accumulé une expérience importante dans la gestion des œuvres d’art et leur conservation. Vous souhaiteriez faire reconnaître ces compétences par un diplôme… Vous êtes éducateur depuis de longues années. L’expérience et les formations parallèles auxquelles vous avez participé pourraient vous mener à la direction d’un centre d’accueil, mais il vous manque la légitimation d’un master… Vous avez monté votre propre affaire voilà vingt ans ; elle a pris de l’extension parce que vous aviez « la gestion et le sens du risque dans le sang ». Vous êtes donc chef d’entreprise. Et vous rêvez bien sûr qu’un « papier » sanctionne tout ce savoir… Vous êtes depuis toujours militant politique, inscrit dans un parti qui promeut vos idées. Vous venez même d’être élu conseiller communal de votre entité. Votre formation politique, économique et sociale s’est faite au gré des réunions et assemblées préparées par des lectures et par la mise en place de dossiers avec des experts… Vous aimeriez prendre un recul critique et débattre de votre engagement avec d’autres…
Aujourd’hui, vous pouvez probablement atteindre ces objectifs grâce à la « valorisation des acquis de l’expérience », et entrer ainsi directement dans un master proche de vos compétences sur la base d’un dossier présenté à un jury approprié dans une université.
Depuis ce mois de septembre 2007, un adulte qui veut entreprendre des études universitaires peut faire valoir auprès de l’université son expérience, qu’elle soit sociale ou professionnelle. Son expérience acquise sur le terrain se trouve ainsi reconnue, moyennant une procédure appelée « valorisation des acquis de l’expérience ». Cette procédure permet d’accéder à un master, nom donné à un second cycle dans la structure des études supérieures en Communauté française. C’est le décret du 31 mars 2004 définissant l’enseignement supérieur en Communauté française de Belgique qui définit les balises de cette procédure 2. Il oblige les universités francophones du pays à s’inscrire dans le vecteur de « l’éducation et de la formation tout au long de la vie ». Ce vecteur prôné et soutenu par l’Union européenne est déjà appliqué depuis plusieurs années dans certains pays 3. Après les masters promus par la réforme de Bologne, la VAE apparaît donc comme un nouveau champ prometteur de changement pour les adultes et pour les universités. La démarche a été préparée tant au sein du Conseil interuniversitaire des universités francophones (CIUF) que dans les neuf universités aujourd’hui regroupées en Académies. Dans l’esprit du décret, ce sont les compétences acquises qui vont être prises en compte et non plus le seul processus de formation académique habituellement légitimé pour les acquérir. Avant de découvrir quelques enjeux de cette innovation, précisons certains aspects puisés dans le décret.
Les termes du décret offrent la possibilité de deux types de VAE : l’une pour l’admission et l’autre pour les dispenses. Il précise aussi les conditions d’admissibilité et les responsabilités académiques concernées.
Une VAE pour l’admission ? Comme on l’a dit, le « candidat » adulte n’ayant pas suivi la filière classique pour arriver à un deuxième cycle universitaire (donc à l’un des masters de base), il va pouvoir y accéder sans disposer des titres requis. Il doit cependant faire la preuve de ses acquis personnels et/ou professionnels accumulés durant au moins cinq ans. C’est un jury académique qui va évaluer au cas par cas la capacité qu’il a d’entamer et de réussir les études de deuxième cycle qu’il a choisies. Le jury 4 peut d’ailleurs exiger des prérequis ou compléments ajoutés au programme normal du master s’il estime que le candidat ne peut faire la preuve de savoirs indispensables au master prévu. Un tel système de « VAE à l’admission » n’est pas totalement neuf. Certaines facultés comme la Fopes ou la Fopa à l’UCL, pratiquent ce mode d’admission de leurs étudiants respectivement depuis 33 et 25 ans.
Une VAE pour les dispenses ? Dans la même logique, l’art. 60 du décret indique en son deuxième paragraphe 5 qu’un jury universitaire, souverain en la matière, peut dispenser de certains cours des candidats aux masters dont ils reconnaissent les « savoirs et compétences (…) acquis par leur expérience personnelle ou professionnelle ». Il s’agit donc ici de justifier très concrètement de ces savoirs et compétences en apportant la preuve de ceux-ci. Peu importe la manière dont on les a acquis.

Pas le modèle français

Une remarque importante s’impose ici. Il est très courant d’entendre parler de l’expérience des universités françaises en matière de VAE et de la rapprocher de ce que peut devenir l’expérience en Communauté française. Or ce que recouvre la VAE française n’est pas identique à la VAE belge ; et les confusions sont fréquentes. La loi française instaurant la VAE dans l’enseignement supérieur français (loi dite de « modernisation sociale » de 2002) 6 n’engage pas les mêmes droits et responsabilités que le décret instituant la VAE dans les universités de la Communauté française. Ainsi, la loi française parle de « Validation des acquis de l’expérience » là où nous parlons de « Valorisation des acquis de l’expérience ». Cette différence de vocabulaire n’est pas une fantaisie ; elle est essentielle ! En France, un jury est autorisé à « valider » par un diplôme l’expérience repérée et explicitée d’un candidat, au vu de son dossier et d’une rencontre avec lui, et ce sans imposer du tout de cursus de formation complémentaire. Cette reconnaissance totale, cette attribution d’un diplôme sur dossier n’est pas à l’ordre du jour chez nous. Certes, chez nos voisins français, cette délivrance immédiate d’un diplôme n’est pas fréquente. Il arrive de plus en plus souvent que les jurys « préconisent » (le terme est même entré dans le vocabulaire académique de certaines universités) un complément de formation pour accéder à la validation demandée. En tout cas, il est évident que cette reconnaissance totale de l’équivalence de l’expérience – et dès lors des compétences cognitives et pratiques acquises hors université par un individu – est possible là-bas, et diffère fondamentalement de l’esprit et même de la lettre de notre décret. Chez nous, un certain nombre de « crédits », en d’autres termes un certain nombre d’heures de cours ou de « travail étudiant », doivent absolument être assurés par le candidat avant qu’il soit diplômé.
Notons ensuite que le jury français est généralement composé non seulement d’académiques, mais aussi de professionnels de la filière correspondant au master visé. Le monde du travail entre là vraiment de plain-pied dans l’université. Chez nous, le jury académique reste souverain : s’il estime nécessaire de s’adjoindre un professionnel représentant du secteur, il peut le faire, mais ce n’est pas une obligation décrétale. Soulignons enfin – et ceci explique sans doute les observations précédentes – que le financement des candidatures à la « Validation des acquis de l’expérience » française n’est pas assuré, comme chez nous, par le ministère chargé de la Formation et de l’Enseignement ; il l’est par le ministère du Travail. Le candidat VAE n’est pas à proprement parlé un « étudiant » en France, alors que la « finançabilité » du candidat en Communauté française existera dès qu’il aura été admis et surtout inscrit à un master, comme n’importe quel étudiant jeune et sans expérience de terrain.

Mise en œuvre

Pour ce qui concerne la mise en œuvre, les maîtres d’œuvre de la VAE de la Communauté française se sont inspirés des procédures de nos voisins. Malheureusement, c’est sans moyen complémentaire que les universités doivent accueillir cette nouvelle sorte d’étudiants que sont les adultes souvent appelés « en reprise d’études » 7 ! Cinq étapes obligées doivent être organisées par les Académies à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire qui leur est attribuée :
– une étape d’information et d’accueil : il s’agit de mettre les candidats potentiels au courant des possibilités qui leur sont offertes (procédures, modalités, échéances, personnes ressources…), mais aussi de les mettre en lien avec les personnes adéquates dans la ou les faculté(s) qui délivrent un diplôme correspondant à leur expérience ;
– une étape d’orientation et de positionnement : ayant choisi son orientation, le candidat introduit une demande de VAE qu’un jury ad hoc va recevoir, jugeant alors de la recevabilité de la demande et du type de VAE en question (pour l’admission ou pour des dispenses) ;
– une étape de contractualisation : selon la VAE d’application, le jury se prononce sur l’épreuve à laquelle soumettre le candidat pour évaluer ses acquis et lui en communique la nature :
– une étape d’évaluation : sur la base du dossier d’admission, le jury évalue l’expérience professionnelle et/ou personnelle du candidat, ce qui mène à la dernière étape ;
– une étape de communication et de motivation de la décision du jury : le candidat a ici la possibilité d’obtenir le détail des décisions dont sa demande a fait l’objet.
Au terme de cette procédure, l’intéressé peut s’inscrire et devenir un étudiant finançable.

Enjeux

Le panorama qui vient d’être décrit ouvre sur une série d’enjeux qui ne peuvent qu’être évoqués. Ils interpellent en tout cas les trois acteurs essentiels à l’exercice de cette VAE : le travailleur ou la personne désireuse de faire reconnaître ses savoirs acquis hors un espace de formation formelle, la société civile dans ses dimensions sociopolitiques, et l’université et ceux de ses membres qui sont amenés à mettre en œuvre ce nouveau projet de qualification et de formation.
Pour le candidat, la formule VAE présente un indiscutable attrait, mais n’est pas gagnée d’avance. Dans une société qui met chacun au défi de prouver qu’il est capable d’autonomie, de liberté de choix, de changement et d’adaptation, où le renouvellement des compétences est constamment à l’ordre du jour, où « ma valeur vient de la valeur que je me suis construite », où « je dois faire reconnaître ce que ma galère (?), en tout cas ma débrouille, m’a apporté de connaissances implicites »… la possibilité d’obtenir la reconnaissance de l’ensemble de ces grands et infimes moments où j’ai pu faire face et « me débrouiller dans la vie » est évidemment une opportunité essentielle. Plus ou moins fortes, selon le projet et la motivation du candidat, fierté et estime de soi ne peuvent qu’en sortir grandies. Et lorsqu’ils participent à une démarche de formation collective, nombre d’adultes se réjouissent en outre des nouveaux réseaux relationnels et d’intervention qu’ils tissent et sur lesquels ils pourront continuer de s’appuyer, une fois le diplôme acquis.
Une question se pose cependant. Comment les candidats VAE de nos universités s’y prendront-ils face aux dossiers qui leur seront demandés ? Aucun projet d’accompagnement n’est prévu par le décret. Ils n’auront accès qu’à l’habituel accompagnement bien maigre (malgré l’effort des universités) des étudiants « classiques ». Seules les bonnes volontés glanées ou mises en commun par des équipes soucieuses d’éviter la déperdition des rêves légitimes d’amélioration de qualifications sont à l’ordre du jour. Or, accompagner des étudiants à l’expérience affirmée est peu comparable à l’accompagnement d’étudiants de 18 ans.
Il faut remarquer – et l’expérience des formations qui font déjà de la VAE depuis un moment, en Belgique ou à l’étranger le montre – que cet enjeu individuel est paradoxal et met en tension les autres acteurs concernés. Des études françaises indiquent que les décisions de « reprise » de cours répondent à des motivations de trois types :
– souhait de promotion et donc d’ascension dans un même cadre de travail;
– projet de reconversion lié souvent en même temps à un besoin d’améliorer sa qualité de vie ;
– besoin d’insertion de longue durée dans un cadre de travail.
Et quand la décision est prise de se lancer dans un processus de validation ou de valorisation, c’est tout le contexte de vie du candidat-nouvel étudiant qui doit s’adapter. L’engagement dans le processus est un engagement à long terme, souvent de plusieurs années, avant d’aboutir à cette reconnaissance souhaitée… Et parfois, au final, une fois la satisfaction d’être arrivé au bout, la désillusion de ne pas se voir reconnu là où on l’aurait souhaité ! L’enjeu d’une identité fière et en changement est mis en tension permanente dans chacun des liens avec l’entourage, sur une très longue période. L’investissement en temps, en finances et en émotions est énorme. D’où l’importance d’un accompagnement circonstancié permettant de faciliter l’intégration des dimensions soulevées par la démarche du « faire ses preuves », dont on reparlera plus bas.

Collectivité et universités

Pour la collectivité, la VAE rejoint à la fois un souci politique majeur – celui de la démocratisation de l’accès aux études supérieures – et un souci du monde économique – celui de l’adaptation rapide de ses personnels aux changements accélérés du marché. Force est, cependant, de constater que ces deux soucis ne sont pas nécessairement cohérents. Les termes successifs d’« éducation permanente », « formation permanente », « formation continue », « formation continuée » et « formation tout au long de la vie » montrent à eux seuls, par leur accumulation en quelques années et leur glissement sémantique, une érosion progressive de l’espoir et de la revendication du mouvement ouvrier de démocratisation effective des études ! Il est tout à fait paradoxal d’édicter des décrets réjouissants comme ce décret sur la VAE pour relayer l’espoir d’un monde économique en attente de meilleures formations, alors que ce même monde économique débourse de moins en moins d’argent pour la qualification hors ses murs de ses « ressources humaines ». Le « congé-éducation », temps que le travailleur peut consacrer à de la formation avec l’accord de son employeur, a diminué de 240 à 120 heures en une douzaine d’années, pour des formations longues dans l’enseignement supérieur ! Deux poids, deux mesures dans la décision politique, donc. La possibilité du travailleur de faire une VAE relève bien de l’exploit, s’il a aussi une famille et un emploi à sauvegarder.
Du côté des universités, les défis ne sont pas les moindres : cette obligation d’accueil, en deuxième cycle, d’adultes n’ayant pas inscrit jusque-là la culture universitaire à l’ordre de leur expérience est énorme. Car à l’inverse, il s’agit de faire reconnaître le monde du travail et tous ses acquis par un monde académique généralement plus familier des théories que des pratiques, mais aussi d’adapter les systèmes d’accueil, de gestion et d’organisation des études prévus pour des étudiants jeunes et à temps plein, à des adultes « en reprise d’études » ne quittant pas pour autant leurs insertions professionnelles. Le tout sans financement supplémentaire, comme on vient de le voir.
Pour revenir à l’expérience française, soulignons que les statistiques de l’Éducation nationale française font apparaître l’importance que peut prendre un tel dispositif : dans un contexte réglementaire et de financement certes différent, c’est près de 15 000 décisions positives de dispense de diplômes pour accéder à une formation universitaire qui ont eu lieu en 2003. L’accompagnement de candidats y est devenu tout à fait courant. Des conseillers en VAE ont la charge d’accompagner pas à pas le candidat et son dossier jusqu’à l’avis du jury. Ce pas à pas s’effectue soit grâce à une procédure individuelle, soit par une procédure collective ; les deux modalités peuvent d’ailleurs être complémentaires. Le candidat est invité à faire un retour sur soi et sur les expériences personnelles, professionnelles et autres qu’il a vécues. Il doit mettre en évidence et en récit, très progressivement, les connaissances et compétences acquises et les mettre ainsi en concordance avec les référentiels de connaissances universitaires classiques, chaque fois qu’ils existent.
Chez nous, les discours d’intention soulignent l’importance d’un tel accompagnement. Sans plus… Pourtant, l’expérience n’est pas neuve pour certaines équipes universitaires. La Fopes, par exemple, existe au sein de l’Université catholique de Louvain depuis 1974. Beaucoup de lecteurs connaissent ce programme de deuxième cycle en politique économique et sociale. Prenant appui sur l’expérience anglaise de l’Open University et dans la suite des efforts du mouvement ouvrier chrétien pour la démocratisation de l’accès aux études supérieures, ce programme a dès le début organisé une épreuve d’admission et organisé des formes d’accompagnements des adultes. La VAE y est donc de mise depuis belle lurette ! L’admission permet aux candidats à la Fopes de valoriser leurs expériences acquises au sein d’organisations sociales, politiques ou culturelles et évalue leur capacité à entrer directement dans un programme de deuxième cycle. Un accompagnateur, le « conseiller à la formation », frère du « conseiller VAE » institué en France, y existe depuis la fondation. Il partage les mêmes valeurs et méthodologies que ses voisins du sud, dans le suivi des adultes. Il s’est cependant spécialisé dans l’accompagnement collectif en cours de master, tandis que l’accompagnateur français l’est dans l’accompagnement individuel avant reprise de cours. Ceci pourrait changer. Nos universités ont donc, elles aussi une « expérience acquise ». Et l’exemple de la Fopes n’est pas unique.

Révolution copernicienne ?

La nouveauté de la « Valorisation des acquis de l’expérience » en Communauté française ne permet évidemment pas encore d’évaluer l’ampleur que prendra la formule. Elle coïncide avec l’ouverture des premiers masters, et l’orientation prise par les politiques et les universités en faveur des adultes et de la reconnaissance de leurs compétences acquises sur le terrain est incontestablement positive. La bonne volonté, les compétences et l’intérêt des équipes qui se préoccupent d’innovation en matière de formation d’adultes ne font pas défaut. Leur souhait de démocratisation de l’accès aux études universitaires est évident. Celles d’un accompagnement et d’un suivi indubitable. Les adultes en demande de reconnaissance sont légion. Ce nouveau moyen mis à leur disposition devrait les encourager à passer à l’action « formation ».
Ce qui manque le plus, on l’a vu, ce sont les moyens. Les enveloppes financières accordées par le politique aux universités sont insuffisantes pour assurer les accompagnements adéquats. Ils sont aléatoires, comme l’est aussi le traitement des dossiers par surcroît de travail administratif ; aléatoire encore, la prise en compte des particularités de profils d’étudiants adultes dans les cursus de master du fait de leur expérience, et la prise en compte de celle-ci par des formules pédagogiques spécifiques. À plus forte raison, par les jurys.
Le souci de réussite et de moindre déperdition de l’effort d’une personne à objectiver les atouts acquis jusque-là dans sa vie devrait être essentiel et finalement payant pour tous les acteurs. Souhaitons que les premières évaluations de la mise en place de la VAE engagent bientôt les politiques à renforcer leurs supports aux universités dans le domaine. L’avenir dira aussi comment la culture académique des universitaires francophones belges se laissera apprivoiser par l’intelligence déployée et exercée sur les terrains plus pragmatiques du monde du travail. L’espoir est total parce que l’esquisse promet ! Mais la « révolution copernicienne » reste encore à faire !




1 Décret définissant l’enseignement supérieur, favorisant son intégration à l’espace européen de l’enseignement supérieur et refinançant les universités. Mars 2004.
2  Les articles utiles du décret : Art 53. « Par dérogation à l’article 51, sans préjudice de l’article 60, et en vertu d’une décision des autorités académiques, en vue de l’accès à des études de deuxième cycle, le jury de ces études peut valoriser les savoirs et compétences d’étudiants acquis par leur expérience personnelle ou professionnelle. Cette expérience utile doit correspondre à au moins cinq années d’activités, compte non tenu des années d’études supérieures qui n’ont pas été réussies. Au terme d’une procédure d’évaluation organisée par les autorités académiques, le jury juge si les aptitudes et connaissances de l’étudiant sont suffisantes pour suivre ces études avec succès. Dans ce cas, pour l’accès aux études, ces étudiants sont assimilés à ceux visés à l’article 51,§3. Toutefois, ces étudiants ne sont pris en compte pour le financement de la première année d’études de deuxième cycle et, le cas échéant, de l’année préparatoire, que s’ils réussissent la première année d’études du programme de deuxième cycle visé. Le gouvernement peut fixer l’organisation de ces épreuves de valorisation des acquis et les conditions minimales auxquelles doivent satisfaire ces étudiants. »
3  Notons à ce propos le colloque qu’a organisé la Fopes (Faculté ouverte de politique économique et sociale de l’UCL) le 23 mars 2007 à Louvain-la-Neuve sur le thème « Valorisation des acquis de l’expérience (VAE). Chance pour les adultes en formation continue. Enjeux pour l’accompagnement. Défi pour l’Université ». Les Cahiers de la Fopes publieront prochainement les actes de ce colloque. Infos sur www.uclouvain.be/opes
4  Art. 68 §4 : « Pour ses missions d’admission, d’équivalence ou de valorisation des acquis, le jury peut constituer en son sein des commissions formées d’au moins trois membres, dont le président et le secrétaire du jury, auxquels s’adjoint un représentant des autorités académiques. »
5  Art. 60 : « Aux conditions générales que fixent les autorités académiques, en vue de l’admission aux études, les jurys valorisent les crédits acquis par les étudiants au cours d’études supérieures ou parties d’études supérieures qu’ils auraient déjà suivies avec fruit. Les étudiants qui bénéficient de ces crédits sont dispensés des parties correspondantes du programme d’études. Aux conditions générales que fixent les autorités académiques, les jurys peuvent également valoriser, dans ce contexte, les savoirs et compétences d’étudiants acquis, par leur expérience personnelle ou professionnelle. »
6  La loi de modernisation sociale de 2002, fait suite à plusieurs autres lois allant dans le sens de la reconnaissance des acquis professionnels, notamment.
7  Cette dernière expression est contestée pour le sens péjoratif qu’elle peut comporter et notamment pour la réduction qui en est faite ; on parle des « ARE » ! Prononcez tout haut ce sigle et écoutez-vous… N’y a-t-il pas là, la marque d’une régression implicite ? Et une condescendance implicite de ceux qui l’emploient ?


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