Le 25 mai 2014, date des prochaines élections, devrait marquer l’histoire de notre pays. Avec 30 à 40 % d’intentions de vote, la N-VA et son président devraient décrocher la timbale. Pour comprendre ce succès, beaucoup d’analyses avancent souvent le « populisme » du parti et de Bart De Wever. C’est assurément insuffisant pour expliquer un tel succès. Il faut aussi analyser leur idéologie politique et leur communication qui fait souvent mouche. Ce n’est qu’alors qu’une stratégie pourra être mise sur pied pour enrayer cette course en avant.


Cette analyse de l’idéologie politique de la N-VA s’articule autour de deux grandes questions qui ont été posées directement par Bart De Wever. Toutes deux ont été formulées suite à la première tribune libre qu’il a écrite comme responsable politique dans le quotidien De Standaard, en 2003. Dans cet article d’opinion, Bart De Wever fait l’apologie d’Edmund Burke (1729-1797) en le qualifiant d’exemple idéologique. Cette sortie médiatique n’est pas anodine. En effet, de nombreux politologues considèrent Edmund Burke comme un des précurseurs du nationalisme et un porte-parole de l’extrême-droite, mais aussi comme l’un des chantres de ce que l’on appelle la tradition des anti-Lumières. Afin de préserver la nation organique de la dégénérescence, celui-ci combattait ardemment la démocratie ainsi que les valeurs d’égalité et de liberté prônées au siècle des Lumières. Il estimait que toute lutte en faveur de l’égalité et de la liberté entraîne l’effet inverse. Ainsi, toute lutte en faveur d’une société équitable implique de facto la fin de la nation. Bref, à travers cet article et malgré ses engagements explicites à l’égard des Lumières, Bart De Wever se dévoile en philosophe obscurantiste. D’où la première question de notre étude : le projet de la N-VA et celui de Bart De Wever en particulier est-il opposé aux valeurs du siècle des Lumières ? En d’autres termes, s’agit-il d’un projet qui organise une attaque idéologique contre la démocratie et les valeurs de liberté et d’égalité ? La lutte rhétorique de Bart De Wever constitue notre deuxième axe d’analyse. Et pour cause, l’actuel bourgmestre d’Anvers affirme que « celui qui veut faire passer ses idées doit essayer d’imposer son langage politique à son adversaire. C’est impossible si vous utilisez des termes qui vous placent directement en position défensive. On attrape les mouches avec du miel, pas avec du vinaigre ». Il est évident que Bart De Wever considère la politique comme un combat idéologique et donc aussi linguistique. Le combat de Bart De Wever consiste à banaliser le nationalisme flamand  pour en faire un nationalisme hégémonique que personne ne remet en cause. Ce constat engendre une deuxième question : le parti réussit-il à convaincre que ses idées sont modérées, réalistes et légitimes et de quelle façon s’y prend-il ?

La nation organique

Pour répondre à la première question, reprenons le slogan que Bart De Wever a lancé en guise d’alternative au slogan bien connu de Patrick Janssens2 : « ‘t Stad is van iedereen »3. La réponse de Bart De Wever est en effet très significative : « ’ t Stad is niet van iedereen, iedereen is van ’t stad. Geen rechten zonder plichten »4. Ce nouveau slogan que Bart De Wever a introduit n’est pas simplement une réaction aux manifestations de Borgerhout5 ou une manœuvre politique à l’égard de Patrick Janssens au plus fort de la dernière campagne électorale. Ces mots n’ont pas été choisis par hasard. Ils sont au cœur de la pensée de Bart De Wever et dépeignent son idéologie des anti-Lumières. À l’instar d’Edmund Burke, ce dernier est en effet partisan du nationalisme organique. Il l’a confié dans sa première tribune et il suit cette ligne dans tous ses livres. Ses ouvrages ne s’intitulent pas pour rien « Het kostbare weefsel »6 et « Werkbare waarden »7. Ce sont des concepts que Bart De Wever reprend directement d’Edmund Burke et qui présentent la nation tel un organisme composé d’un « tissu précieux ». Dans cette conception, la Flandre est présentée comme une communauté de destin de six millions d’âmes façonnée en une démocratie. Il s’agit d’une conception assez « classique » de la nation inspirée de Johann Gottfried von Herder et qui repose sur l’idée d’une nation séculaire précédant toute forme d’État. Ce constat peut paraître paradoxal, car la N-VA préconise un nationalisme renouvelé. Un nationalisme du XXIe siècle, lavé des fautes du passé. Un nationalisme qui accueillerait les nouveaux venus et qui n’aurait donc aucun lien avec le nationalisme du Vlaams Belang. Ce parti défendrait donc un nationalisme démocratique, civil et inclusif, contrairement au nationalisme fermé du Vlaams Belang. Toutefois, cette dernière assertion ne résiste pas à l’analyse. Dans les faits, la N-VA confronte deux conceptions de la nation. Bart De Wever l’évoque en ces termes : « Le Flamand existe bel et bien. Les Flamands (...), ont un destin commun (...). Nous sommes ‘Les Flamands’. Nous savons précisément de qui nous parlons. Les Flamands ont un territoire bien défini, un passé commun et un schéma culturel. Ces éléments nous lient les uns aux autres à un niveau qui nous permet de communiquer facilement et d’agir face aux intervenants extérieurs (…). Il y a également un élément subjectif. Vous devez également le vouloir. Si vous ne le voulez pas, vous ne reconnaîtrez pas les facteurs objectifs non plus ». Aux yeux de la NV-A, la nation repose donc d’abord sur « les liens du sang et de la terre ». Bart De Wever les appelle les facteurs objectifs du Flamand : nous sommes nés dans une nation et, précisément parce que nous sommes nés ici, nous avons reçu les valeurs particulières de cette nation, nous parlons le néerlandais, nous partageons apparemment un passé et un schéma culturel. Ce premier aspect est lié à une seconde conception de la nation qui doit être volontariste : il faut vouloir être Flamand. Vous devez vouloir appartenir à la nation. Les nouveaux venus doivent reconnaître subjectivement qu’ils sont Flamands en s’appropriant les valeurs et les normes, en apprenant la langue, en adhérant à la Flandre et à la culture flamande. Vous devez vous montrer respectueux à l’égard de la nation flamande et contribuer à sa prospérité. La N-VA utilise cette conception volontariste du nationalisme pour se distinguer définitivement du Vlaams Belang. Cette distinction est cependant essentiellement théorique, car ces deux conceptions de la nation sont en effet hiérarchisées et, précisément pour cette raison, elles sont toutes deux essentialistes. La nation première, la nation de la « terre et du sang », est dominante et ne peut pas subir un changement provenant de l’extérieur. Cette nation résulte d’un ordre moral qui s’est façonné à travers l’Histoire. Et les nouveaux venus ne peuvent faire partie de la nation que s’ils se soumettent à cet ordre moral de la nation première.

 Des « Lumières » ?

Les Lumières correspondent à un mouvement philosophique initié en Europe au 18e siècle. Celui-ci vise à combattre l’obscurantisme et les dogmes et à promouvoir les connaissances, d’où son nom. L’Encyclopédie de Diderot en est la manifestation la plus symbolique. Imprégnés fortement par le contexte politique de l’époque, les penseurs de ce mouvement (Montesquieu, Locke...) placent l’Homme au centre du monde, défendent l’égalité entre toutes et tous et exhortent à lutter contre tout absolutisme politique.

 

Contre la démocratie

pour la N-VA, la démocratie se résume à la victoire électorale. Celui qui obtient la majorité a le droit absolu de gouverner, sans opposition.

Cette double vision de la nation émane directement de la tradition des anti-Lumières et a un impact extrême sur la manière dont la N-VA envisage la démocratie. Elle est à la base même d’une quadruple attaque à son encontre. Premièrement, pour le parti, la démocratie ne peut être une démocratie que si elle repose sur une identité et c’est elle qui doit en fixer les limites. A la N-VA, celle-ci prend une connotation nationaliste. La démocratie devient alors une ethnocratie : une nation flamande où vos droits dépendent de votre identité. C’est une attaque en règle contre la démocratie telle que l’envisageaient les philosophes des Lumières. Pour eux, la démocratie se fonde sur la théorie de la Loi naturelle qui part du principe que chaque citoyen a des droits inaliénables et est l’égal des autres. Deuxièmement, la démocratie « belge » est sévèrement attaquée, car seule une démocratie flamande est pleinement légitime, selon Bart De Wever. La N-VA et ses partisans parlent d’ailleurs de « leur » démocratie. Troisièmement, dans la communication de la N-VA, la démocratie se résume à la victoire électorale. Celui qui obtient la majorité a le droit absolu de gouverner, sans opposition. Cette vision transparaît systématiquement lorsque la N-VA réagit face à la critique ou aux contre-pouvoirs. La manifestation « Shame » et le comité « Pas en notre nom »8 sont balayés d’un revers de main : « Nous n’écoutons que le seul signal démocratique : celui des urnes ». La démocratie devient ainsi une dictature temporaire de la majorité et les débats contradictoires sont inutiles. En outre, la N-VA perçoit comme un problème toute mesure de protection à l’égard des minorités. Bref, les critiques concernant le programme de la N-VA et toute opposition sont perçues comme illégitimes, non démocratiques et font l’objet d’une attaque en règle. Enfin, la démocratie est également perçue comme une forme de « vox populisme » : « la voix du citoyen » qui s’exprime à travers la bouche des responsables politiques. La démocratie flamande correspond donc à la nation flamande, et cette nation parle d’une seule voix à travers Bart De Wever. Eux sont démocrates, les autres pas. Le philosophe Alexis de Tocqueville considère ce type de démagogie comme antidémocratique : en effet, une des caractéristiques de la démocratie est que chaque individu a des droits, a une voix propre et personne n’a le droit de parler au nom du peuple. En outre, il n’existe rien qui corresponde à « la voix » ou au « signal du peuple ». Les effets de ce nationalisme idéologique ne se limitent pas à ces considérations. Ses conséquences sont également lourdes pour les droits de l’Homme et pour les deux valeurs fondamentales du siècle des Lumières : l’égalité et la liberté. Edmund Burke avait immédiatement compris que son nationalisme était une des armes les plus puissantes contre les idées des philosophes radicaux du siècle des Lumières. Dans l’optique de la N-VA, il n’en va pas autrement. La nation prime sur l’individu. Selon Bart De Wever, en insistant trop sur l’égalité et la liberté, on risque d’effilocher ce précieux tissu et de voir la société partir à la dérive. Dans ce cadre, Bart De Wever estime que la révolution de Mai 68 était excessive. Ainsi, il écrit : « Les sixties ont en effet planté la hache dans le bois sain de la société traditionnelle ». Les années cinquante sont l’illustration d’une société saine, qui chérit l’identité nationale, les valeurs et les normes. Selon lui, c’est cette cohésion sociale résultant d’un tissu précieux, sain et solide que nous devons retrouver. C’est la raison pour laquelle il faut renforcer la nation et l’identité nationale. Bart De Wever estime que les sixties ont des conséquences importantes et néfastes. Selon lui, cette génération de soixante-huitards entraîne « le déclin accéléré de la religion organisée » et génère « un vide spirituel » en Europe. Cette extension des libertés et des droits porte atteinte à l’ordre moral d’une société initialement organique. Bart De Wever résume cette vision en s’inspirant littéralement des paroles d’Edmund Burke : « Aujourd’hui, il n’est plus question que de liberté, ce qui débouche inévitablement sur un manque de liberté. En effet, s’il n’existe que le droit à la liberté, alors il ne reste que l’État (…) pour garantir tous ces droits individuels (…). Confrontés à cette tâche insurmontable, les pouvoirs publics n’auront d’autre choix que d’accroître leur emprise sur la société et donc de restreindre de fait les libertés ». Bart De Wever déplore donc la disparition de liens spirituels subjectifs, fondements organisationnels de la société, au profit d’une organisation juridique objective de l’État, ce qui était la visée du siècle des Lumières. Il considère la rationalité de la loi et la liberté qui en découle comme un problème, pas comme un progrès. Les conséquences de Mai 68 sont désastreuses selon lui : ce n’est pas la charge de travail dans une économie néolibérale qui entraîne des burn-outs, des dépressions, des suicides et des assuétudes, mais le démantèlement du précieux tissu de la nation organique.

Sous une apparence modérée, le radicalisme

Bref, de toute évidence, la N-VA adhère à une idéologie très radicale. Mais elle est pourtant connue pour être modérée, de centre-droit et démocratique. Elle réussit ce tour de force parce que le parti, et surtout son président, ont une excellente stratégie de communication. Ce faisant, ils parviennent à se distancier non seulement du Vlaams Belang, mais aussi des erreurs imputables au nationalisme. La communication politique de la N-VA est extrêmement professionnelle et revêt diverses formes.

1. Le parti présente son discours anti-Lumières comme une expression du réalisme, du pragmatisme et de la modération. Le discours de son président est modéré, saupoudré d’humour, de citations bienveillantes de scientifiques (de gauche), de concurrents politiques et d’organisations telles que l’OCDE ou le FMI. En outre, le message est émaillé de bons mots, d’euphémismes et de métaphores qui l’adoucissent. Bart De Wever ne parle pas de séparatisme, mais de la nécessité de débloquer la démocratie belge enrayée, ce qui n’est possible qu’en transformant la Belgique en confédération. Avec cet emballage rhétorique, il parvient à convaincre que la N-VA prône un nationalisme modéré et démocratique.

2. Le fait que la communication du parti se caractérise par un porte-parole unique (« one voice ») constitue un deuxième élément d’importance. Les mots de Bart De Wever sont répétés à l’envi tel un mantra, pas seulement par lui-même, mais par tous les responsables politiques de la N-VA. Vu que l’ensemble parle d’une seule voix, ce parti dégage un sentiment d’union, de cohérence et de vérité.

3. Cela nous amène à un troisième fondement de ce succès électoral. La communication de la N-VA est parfaitement orchestrée pour sa diffusion dans les médias. Chaque intervention médiatique est scrupuleusement préparée et agrémentée de citations savoureuses. Les bons mots tels que « la Belgique est un pays avec deux démocraties », les métaphores telles que les « vette vissen »9 (les « bons accords ») ou les « borrelnootjes »10 (les « mauvais accords »), émaillent le discours de tous les responsables politiques de la N-VA et sont repris en chœur par les journalistes. Ce faisant, son discours circule massivement dans les principaux médias.

4. Le quatrième ingrédient de cette stratégie de communication est la répétition constante du message principal que cherche à véhiculer la N-VA. Le schéma narratif utilisé présente le parti et son président en particulier, comme la personnification de la communauté morale qui défend avec orthodoxie les intérêts des « Flamands ». Bart De Wever est honnête, intellectuel, drôle et fiable. Il s’oppose de manière orthodoxe, cohérente et courageuse au courant dominant. Il lutte contre l’élite de la gauche, les Wallons et les musulmans qui minent les fondements de la nation, les valeurs et les normes à un rythme effréné. La N-VA, et Bart De Wever en particulier, ne communiquent pas seulement un message purement politique, mais surtout une identité. Contrairement à la gauche, moralement hypocrite, ils défendent la rectitude, des valeurs, des normes et la justice. C’est un parti courageux et orthodoxe. En outre, la communication de la N-VA est taillée à la mesure des (nouveaux) médias. Son discours et son idéologie sont largement reproduits et diffusés.

5. Mieux encore, cette voix est également présente massivement dans le monde virtuel où elle est reproduite par des responsables politiques de la N-VA, des organisations de la société civile flamande, des micromédias et des activistes nationalistes flamands de droite qui agissent sur Facebook et sur les modules de commentaires des journaux en ligne. Dans les cas étudiés, près 70 % des réactions sont favorables à la N-VA. L’attitude Calimero que le parti aime adopter n’a donc aucun fondement dans la réalité. Il est en outre frappant de constater que le parti et les différentes autres voix (in)dépendantes reproduisent presque littéralement les paroles de Bart De Wever. C’est le critère d’une propagande réussie : faire propager quotidiennement et massivement une voix ou un message par des centaines de personnes, haut et fort, avec force conviction et beaucoup d’emphase. Et ces personnes le font en étant convaincues que ce sont leurs propres paroles. Il faut indubitablement considérer la N-VA comme une grosse machine à argumenter, efficace et dominante. La communication politique est savamment orchestrée et stylisée pour être récupérée dans les médias. Le message véhiculé est présenté sous la forme d’une rhétorique qui a pour but de communiquer l’idée de « modération ». La N-VA est un parti moderne, en contact avec la réalité. Son discours est diffusé dans les médias sociaux et y est radicalisé. Bref, la machine de propagande politique du parti et de son président est parfaitement huilée.

Conclusion

Ce système a permis à la N-VA de passer en dix ans d’un statut de parti nationaliste flamand marginal, qui n’atteignait pas le seuil électoral à lui seul, à un parti de masse rassemblant environ 30 % des voix. Il doit cette évolution à son combat médiatique. Le parti a réussi à imposer sur le marché son projet anti-Lumières, nationaliste flamand, néolibéral et radical comme l’expression d’un réalisme, d’un conservatisme modéré et d’un nationalisme inclusif et ouvert. Mieux encore, la NV-A parvient à vendre sa doctrine comme celle d’une lutte pour plus de démocratie. En y parvenant, ce parti mène avec succès une attaque contre la démocratie et les valeurs des Lumières.




Notes :
1. La rédaction de Démocratie remercie Isabelle Tuteleers (CSC) pour la traduction de cet article.
2.NDLR : Bourgmestre d’Anvers de 2003 à 2012.
3. NDT : « La ville appartient à tous ».
4. NDT : « La ville n’appartient pas à tous. Tout le monde relève de la ville. Pas de droits sans devoirs ».
5. NDLR : Quelques semaines avant les élections communales de 2012, un film diffusé sur internet « L’innocence des Musulmans » avait soulevé une certaine indignation des musulmans et des manifestations un peu partout dans le monde. En Belgique, le district très multiculturel d’Anvers, Borgerhout, avait connu des événements similaires.
6. NDT : « Le tissu précieux ».
7. NDT : « Des valeurs acceptables ».
8. NDLR : Le comité « Niet in onze naam » s’oppose au nationalisme et prône « un discours de solidarité, de justice sociale et de diversité culturelle » (www.nietinonzenaam.be ou www.pasennotrenom.be).
9. NDT : « Les poissons gras ».
10. NDT : « Les brèves de comptoir ».
DEMOcouvJANVIER

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