Albert Carton, qui a été syndicaliste à la CSC puis à la CNE, est parti vivre en Égypte au moment de sa prépension. Il y suivait sa femme, qui avait trouvé un travail là-bas. Il écrit des mails périodiques pour dévoiler sa découverte du pays, ses étonnements, ses interrogations et ses réflexions quant à ce qu’apporte un autre point de vue sur le monde, quand on le regarde d’ailleurs...

J’étais allé avec des amis voir les pyramides. Ce n’est pas loin du Caire. On prend le métro puis le taxi ou le bus, pour arriver à ce lieu impressionnant, inséré en fait dans la ville, mais où un angle d’une dizaine de degrés permet de se croire dans le désert. C’est au bas des pyramides, dans l’axe de cet angle, que se trouve l’esplanade qui concentre les touristes arrivés à pied à la sortie des parkings pour autobus. Cet espace est très grand, entouré à droite de hauts murs qui cachent des maisons, et à gauche, derrière l’aubette de vente des tickets, d’une taverne couverte. Juste devant celle-ci, dans l’axe de vision du Sphinx, un large espace couvert de chaises pour recevoir les spectateurs des trois séances journalières, différenciées linguistiquement, du son et lumières, fort bien fait, paraît-il. Mes amis sont partis faire les visites, sous un soleil de plomb, heureusement aéré par un bon petit vent. De ma taverne, j’aperçois les touristes, au loin comme juste à côté de moi. Les groupes qui se répandent des pieds des pyramides jusqu’à mon esplanade me font penser à ces longues colonnes de fourmis, qui tantôt se coagulent et tantôt s’étirent ou se dispersent.
J’ai deux heures à moi. Je m’assois dans la taverne et commence à lire le volume 3 des « Mille et une nuits » dans la traduction de R. Khawam (Phébus, Libretto.) L’enchantement massif de ces lieux me semble bien complémentaire à la symphonie de ces récits qui se croisent, s’ajustent puis divergent en nous attachant, chaque fois plus encore, à des personnages contrastés, tout en beauté ou tout en turpitude. Proche des mythologies grecques, où dieux et héros interviennent fréquemment dans les destinées des hommes, ici c’est entre l’invocation à Allah Tout Puissant et l’initiative de djinns et d’effrites que se déroule l’espace des interventions célestes. Ce mélange de conviction religieuse vibrante et d’action concrète des êtres maléfiques, qui peuvent devenir bons, me séduit tant je le vois coller aux mentalités d’ici.
Au milieu de ma lecture, je suis tout à coup étonné de voir des autobus descendre de la route goudronnée qui s’écoule des pyramides vers l’esplanade à côté de moi. Les touristes sortent des cars et forment des groupes compacts. Je suis soudain surpris de voir une dizaine de bambins sauter le mur, à droite de l’esplanade, et courir vers les groupes de touristes. Rien d’inhabituel, dès qu’il y a touristes, il y a multitudes de solliciteurs ! Je me remets à ma lecture. Mais quelques minutes après, je vois passer à côté de moi, au pied de l’auberge, un grand et fort gaillard qui tient vigoureusement par le col deux adolescents tout penauds. En même temps que le col de l’un d’eux, il tient un long bois, qui tient de la canne ou de la badine militaire, plus que de la matraque. Il est en civil et pourrait être un touriste égyptien. La scène aiguise ma curiosité et me fait découvrir dans le paysage plusieurs civils à canne, courant plus que marchant dans tous les sens. L’un d’eux crie pour appeler un militaire qui est dans l’angle de fuite d’un enfant, mais ce dernier zigzague et échappe aux deux. Dans l’autre partie de l’esplanade, un civil court au maximum de son âge et de sa panse, derrière un enfant qui rigole et le nargue de temps à autre.
Les touristes photographient, font la pose, cherchent l’angle optimal pour faire durer l’instant. Les enfants qui les atteignent sont sensibles eux aussi aux angles, mais uniquement à ceux qui les cachent des policiers en uniforme ou en civil. Je vois même un enfant qui parvient à pousser les touristes auxquels il s’adresse à tourner doucement sur eux-mêmes de façon à maintenir un écran de camouflage entre les flics et lui. Un enfant traqué par un militaire et un civil fuit vers le parterre de chaises des sons et lumières pour piéger ses poursuivants ; mais quand ceux-ci se synchronisent mieux, il saute des chaises d’une rangée vers celles d’une autre, ce que ses lourds suiveurs n’osent pas faire. Il leur échappe et grimpe le haut mur de pourtour. De rage, le civil lui lance des pierres de l’autre côté du mur.
J’ai l’impression d’assister à une Intifada touristique, dont la violence m’étonne. Mais ce qui m’étonne plus encore, c’est que les touristes ont l’air de ne rien voir. Ils sont comme des amoureux et ne voient que leurs chères pyramides ! Ces deux mondes s’imbriquent, se traversent, négocient les occasions « very cheap », se parlent même, mais ne se voient pas.
Les flux de touristes étant cycliques, fonction des arrivées des bus, les moments d’accalmie sont des phases d’épuration complète. Les enfants le savent, qui ont déjà sauté les murs, se sont glissés vers les pyramides, ou se cachent sous des chaises. Au cours d’une de ces phases calmes, je vois un adulte, un moment poursuivi par deux militaires, arriver à côté d’un touriste qui, nettement, l’attendait là depuis un moment. Il lui passe un lourd sac de plastique et reçoit son billet. Je ne sais de quel trafic il s’agit. Les pandores ne le poursuivent à nouveau que quand il s’est bien éloigné du touriste. Les polices ont bien l’expérience des myopies touristiques et ne dérangent donc pas ceux qu’ils poursuivent quand ils sont en transaction. La prophylaxie policière vise l’amont du contact avec le touriste.
J’ai quitté mon livre et ses rêves, pour faire face à d’autres rêves. Ceux des touristes qui sont venus pour voir des pyramides et n’ont pas besoin de voir ce qu’il y a autour. Je me mets alors à songer à cette extraordinaire sélection de l’œil, qui permet de ne pas voir ce que l’on ne recherche pas. L’industrie du tourisme d’aujourd’hui, quand elle spécialise le choix du touriste potentiel, fait comme la publicité : elle concentre l’attention de l’acheteur du ticket, au-delà de ce que suggère l’affiche, sur ce qui est ciblé, le produit acheté. Pas sur ce qui est à côté ! J’attendais mes amis, et je les ai vus de bien loin ; mon œil s’était exercé !

Quelle gaîté !

La ville du Caire en juillet-août est quelquefois absolument torride et sèche, elle n’est « vivable » que le soir après neuf heures. Hier soir, je vais donc au concert de Ahmed Sallam, intitulé « Chants du Sud ». Un orchestre résolument moderne de sept musiciens. Dès qu’il arrive sur scène, je suis séduit. Un homme jeune, agile et gambadant d’une splendide sûreté de lui-même qu’on ne voit si forte que sur les scènes américaines. Un sourire plein d’humour, modulé par une bouche qui révèle une denture éclatante et profonde. Son teint cuivré clair est presque asiatique, mais son entrain de jeu est de la vigueur d’un Zaïrois. Sa callosité frontale pieuse n’enlève rien à son entrain. Captivé en le voyant évoluer sur scène, je m’aperçois que je découvre une gaîté et une décontraction desquelles je m’étais déshabitué ici en Égypte, tant ce pays a une tendresse vitale sérieuse et peu exubérante.
Avec une voix qui lui fait plaisir à lui-même (tant de chanteurs ont l’air de souffrir dans leur art), il entame des chants d’amour, des évocations religieuses, du folklore nûba (nubien) ou soudanais, et même un mélange en allemand parce que son guitariste de basse est allemand ! Son chant à Fatima, fille du Prophète, l’emporte dans de belles mélopées de désert.
Mais quel humour, quelle légèreté décontractée. Cet homme parvient, tout en ne cachant pas son sentiment religieux, à éviter ces airs confits et presque tristes de vivre sur terre d’une série de pétris de dévotion de par le monde. Il est du narcissisme opposé à celui de ces clercs qui semblent admirer leur propre sainteté prévisionnelle, qui parlent doux pour suggérer leur délicatesse ou qui ne sont que regard à l’intérieur d’eux-mêmes, comme pour sauver leur trésor intérieur... Quelle santé !

Ces quartiers inexistants sur la carte

Quand on achète une carte des rues du Caire (pas un plan touristique général de la ville), on est étonné de voir que des quartiers entiers ne sont identifiés que par une appellation générique et que des espaces blancs apparaissent, abandonnant la tâche de représenter le tramage des rues. La première fois que je l’ai remarqué, je me suis immédiatement rappelé l’école et la belle introduction que l’on recevait à « l’œuvre civilisatrice de Léopold II » qui avait fait cartographier une « Terra incognita » ; vous vous souvenez : « Là, sont les lions ! ».
Mais si nous, étrangers, pouvons avoir l’impression qu’il s’agit là d’un monde où ne pas aller, les éditeurs, eux, pensent que tellement peu de lecteurs de cartes pourraient y aller qu’il n’est même pas nécessaire de continuer l’effort d’une carte complète.
Étant plusieurs fois allé dans de tels quartiers (qui peuvent, pour certains d’entre eux, rassembler plus d’un million d’habitants), j’ai pu m’apercevoir que la situation est plus complexe encore ! Ce sont des quartiers où il n’y a pas d’égoût. Souvent, pas d’eau si les habitants ne se battent pas pour l’avoir. Et ils n’obtiennent l’installation d’un réseau d’électricité que lorsque suffisamment de fils vont s’en emparer dans les quartiers voisins pour que tout le système disjoncte et que la société d’électricité se décide à étendre sa distribution.
Il y a peu, je suis allé en taxi dans un de ces quartiers. Le pauvre conducteur qui a accepté de m’y mener pour vingt livres a passé presque une heure et demie à chercher la rue. Il connaissait le quartier. Mais dès qu’il a commencé à demander la direction de cette rue, on lui a indiqué n’importe quoi. Il a tourné comme un fou ! En fait, les gens ne connaissent, pour la plupart, que leur quartier et ils ne connaissent pas forcément le nom de leur propre rue ; ils n’auraient d’ailleurs nul usage de cette connaissance ! Le taximan ne m’a pas injurié, parce que j’étais un étranger, et j’ai docilement donné un complément de prix à la dimension de sa rage rentrée.
Un ami qui habite un tel quartier me dit être dans l’impossibilité de trouver le numéro de son canton postal. Même au bureau de poste du quartier voisin, on n’a pas su lui répondre ! C’est là que s’installent les écoles et centres sanitaires de l’Islam et de l’Église copte, au travers de leurs ONG respectives.
Vous pensez bien que dans ces quartiers, il n’y a pas eu énormément de cartes d’électeurs ! Je ne saurais pas le prouver, mais je l’imagine.

« Le monde est petit »

Oui, le monde est petit... pour chaque personne qui ne traverse pas une de ses propres frontières. Mais pourtant, c’est une phrase que l’on entend tellement souvent quand, au milieu d’une ville de vingt millions d’habitants, des gens se rencontrent et croient au hasard de la rencontre.
Ce qui me frappe, c’est que même loin de chez soi, on demeure, la plupart du temps, et même si on ne le croit pas, dans des circuits liés aux siens. L’hôtellerie segmente les clientèles, les langues parlées ou comprises font de même, les quartiers concentrent d’assez semblables, les adresses reçues au pays d’origine lient des milieux qui se connaissent déjà. Comme, de plus, les étrangers d’un pays hôte ont tendance à se regrouper par pays d’origine, ou par lieux où se parle la même langue, et à y retrouver des autochtones qui aiment ce milieu ou cette langue, les barrières à l’entrée dans un monde vaste sont plus nombreuses qu’on ne l’imagine de prime abord. Les chambres de commerce étrangères sont regroupées par origines, les gens qui donnent leurs bonnes adresses à leurs amis y font rencontrer des semblables, les guides renseignent les mêmes endroits, où certains s’étonnent de rencontrer tant de leurs semblables… Bref, les étrangers se trient et les grands mélanges, y compris avec les nationaux sont beaucoup plus rares qu’on ne le pense.
Les milieux estudiantins sont plus facilement cosmopolites, mais encore ! Les écoles de langues le sont, mais sont segmentées par les prix. Les grands magasins pour étrangers le sont (et c’est passionnant de voir leurs bouquets de produits japonais, allemands, russes ou américains, avec des variations suivant les dominantes étrangères du quartier). Mais vous n’y voyez que des bourgeoisies cosmopolites d’Égypte.
Les lieux où se croisent des personnes d’origines nationales diverses sont peu nombreux en dehors du milieu diplomatique. Ce sont surtout, me semble-t-il, ceux des divers domaines d’activités économiques, scientifiques, institutionnelles ou culturelles. Ainsi, un agronome allemand a de fortes probabilités de rester en milieu allemand pour ses activités sociales mais de mieux connaître les locaux et les autres nations présentes dans les milieux agronomiques pour toutes ses activités concernant ce domaine. Ainsi, pour une égyptologue française, la probabilité de rencontres éclectiques d’étrangers est plus forte dans son activité scientifique que dans sa vie privée. Mais chacun de ces domaines a aussi ses segmentations propres. Les égyptologues se connaissent plus facilement par chantiers communs ; mais s’ils sont spécialisés dans une époque précise, c’est plutôt dans des colloques qu’ils rencontreront leurs collègues étrangers de toutes nationalités. Pourtant, dire « Le monde est petit » fait partie des automatismes lors de rencontres inattendues, en milieu segmenté. Et la chose m’amuse.
Une connaissance belge, qui devait m’apporter un pli, avait perdu mon adresse. J’apprends sa présence au Caire par un ami de la même sphère qu’elle. Je passe un coup de fil à l’arrivante belge pour l’inviter le lendemain soir en lui disant que j’avais son numéro de téléphone par Bruxelles. Je m’amuse à inviter l’ami qui m’avait prévenu de sa présence en lui demandant de lui ouvrir la porte au moment où elle sonne. J’avais bien parié avec lui qu’elle dirait au moins trois fois « Le monde est petit ». C’était facile de gagner un tel pari !

Des calendriers superposés

Le calendrier islamique est lunaire et il compte les années depuis l’Hégire (la fuite de Mahomet de la Mecque vers Médine). Celui d’Occident est solaire et compte les années depuis Jésus-Christ. Ici, les indications de datation sur les monuments sont souvent écrites en anglais également, et avec datation à l’occidentale. Plus on entre dans divers milieux spécifiques, plus on s’aperçoit qu’ils ont des comptages particuliers. Pour la datation des années par exemple, chez les Coptes, ou pour les délimitations des semaines, mois et saisons dans certaines régions. Ainsi, au Fayoum, le calendrier est encore celui du temps des pharaons, intégrant les crues du Nil et les diverses saisons de plantations. Les mois (il y en a treize) y sont, pour douze d’entre eux, de trente jours et un dernier de cinq ou six jours en fin d’année. L’année commence par le mois de « Tût », vers le 11 septembre, moment ancien du plus fort des crues. Les quatre premiers mois sont ceux de la crue du Nil, que le Fayoum recevait par un canal de plus de 120 km. Les quatre mois suivants, commençant par le « Tûba », sont ceux d’hiver avec périodes de grand froid, puis de grands vents. Les tomates ne peuvent être plantées qu’à un moment bien défini et doivent, pour cette récolte d’hiver, être arrachées pour éviter un gel qui revient précisément. Et pendant ce temps-là… tous les autres calendriers tournent, comme dit la chanson.

Que peut dire un homme, ici, de ce silence des femmes ?

Je cultive, ici, une grande admiration pour la façon dont les femmes jouent le rôle que leur désigne une société à domination mâle. Elles sont combattantes à un point inouï, non pas au sens féministe en usage chez nous, mais au sens du combat pour la vie, pour la survie, pour l’idée d’une vie digne, la leur et celle de leurs enfants. Non que les hommes soient indignes, il y en tant qui travaillent de façon indescriptiblement dure (dans la chaleur de l’été cela se voit plus que jamais), mais ils disposent silencieusement d’une position relative par rapport aux femmes qui leur permet de lâcher. Elles doivent tenir ! Au-delà du port du voile, qui fascine tant l’Occident – un voyageur anglais du XVIIIe siècle, Richard Pococke, qui traversait les campagnes égyptiennes et voyait des femmes non voilées, les prenait pour des putains, tant elles étaient peu nombreuses –, ce qui me frappe, c’est le silence des femmes. Certes, les femmes entre elles semblent loquaces, elles trouvent à la discussion des saveurs plus étendues que ce que j’ai pu lire chez Mary Mac Carthy ou même Bretecher. Et plus d’une fois, je me suis mis à penser à ces femmes occidentales qui, pour voyager dans ces régions-ci, revêtaient des habits masculins. Le faisaient-elles pour pouvoir ne pas être vues comme femmes occidentales ou bien pour jouir d’une vue plus panoptique sur le paysage des comportements sexués ? Leurs écrits attesteraient plutôt la seconde hypothèse.

Effondrements d’immeubles

L’autre jour, lors d’une promenade dans un quartier qui m’était inconnu, grande foule soudaine. Un immeuble s’est effondré et en a entraîné deux autres dans sa chute. C’est chose assez courante dans les quartiers populaires, où l’on ajoute facilement un ou deux étages à des immeubles dont on n’a pas analysé le construit de base.
La foule était aidante, fabuleusement solidaire et active. On cherchait des vivants sous les décombres mais on classait les objets trouvés en tas distincts. Tout était prêt à resservir.
Le quartier prenait en main un moment dur de sa vie de quartier...

Pourquoi les Français peuvent-ils venir chez nous et nous, pas chez eux ?
Un jeune guide touristique au chômage (on débauche vite dans les agences, à la moindre baisse conjoncturelle) me pose cette question. Je suis soufflé de la bonne façon de poser le problème. Je sens qu’à sa question politique, je ne répondrais que des vasouillages technocratiques pour expliquer comment le « monde » qui se dit favorable au libre-échange des produits, ne l’est pas pour les personnes. Je lui dis que je lui en reparlerai. Et je le ferai.

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