Photo Multinationales copyright Franklin HeijenComme ce fut déjà le cas en 2012, l’économie belge fait face en 2016 à un nouveau cycle de restructurations partielles et de fermetures totales dans des filiales d’entreprises multinationales. Caterpillar, ING, Douwe Egberts, autant de drames sociaux qui viennent une nouvelle fois interroger la capacité d’actions des pouvoirs publics belges sur des entreprises dont le centre de décision est situé à l’extérieur de nos frontières nationales. Explications.

L’annonce de la fermeture de Caterpillar Gosselies, le 2 septembre 2016, s’est accompagnée, comme celle d’Opel Anvers, de Ford Genk ou d’Arcelor Mittal Liège, de discours politiques matamoresques. Nationalisation, régionalisation, expropriation, portage public 1: de la gauche à la droite, les multinationales présentes en Belgique n’ont qu’à bien se tenir ! Pourtant, malgré quelques timides tentatives de réguler les restructurations transnationales 2, l’intensité des discours fut inversement proportionnelle aux résultats. Les pouvoirs publics, comme les syndicats, devant se contenter de constater les dégâts et de gérer au mieux les conséquences sociales de décisions prises à des milliers de kilomètres de la Belgique. Il en sera, sans doute, de même chez Caterpillar, ING ou Douwe Egberts où la négociation d’un plan social et le travail dans les cellules de reconversion risquent de vite prendre le pas sur les propositions industrielles alternatives.
La mondialisation et la mise en concurrence des territoires touchent évidemment tous les États. Néanmoins, il semble qu’en Allemagne, en France ou aux Pays-Bas, le pouvoir politique garde une marge de manœuvre un peu plus importante qu’en Belgique.
Comme le montre le tableau tiré d’une étude du CRISP 3, parmi les 73.962 entreprises ayant au moins un employé, présentes en Wallonie, seuls 2 % sont sous le contrôle d’un ac tionnaire étranger (une filiale de multinationale par exemple). Par contre, ces 1.466 entreprises ont un impact très important sur l’économie régionale tant en termes d’emploi (31,4 % du total) que de vente (53,3 % du chiffre d’affaires total réalisé par le secteur privé en Wallonie). Le discours officiel rappelle souvent que la Wallonie, comme la Belgique, est une terre de petites, voire de très petites entreprise (PME) qu’il faut soutenir. Quantitativement, c’est exact, mais on oublie trop souvent de préciser que l’emploi privé, comme l’activité économique, y dépend fortement de décisions stratégiques prises à l’étranger. Cette dépendance se renforce encore si on prend en considération les relations de sous-traitance (contrats commerciaux) qui peuvent exister entre les filiales des grands groupes détenues par des actionnaires étrangers et les PME wallonnes. N’en déplaise à certains décideurs politiques, la Wallonie, comme la Belgique, est une terre de groupes multinationaux.
Dans ce contexte, il nous apparaît important de comprendre pourquoi nous en sommes là aujourd’hui. Quelles sont les grandes tendances historiques qui ont contribué à transformer le tissu économique de la Belgique et à la rendre particulièrement dépendante de décisions prises sous d’autres cieux ?

Tableau Multinationales

Du miracle à la dépendance


De multiples facteurs expliquent la dépendance croissante de la Belgique et de ses régions aux investissements des multinationales (les investissements directs étrangers ou IDE). Cependant, deux tendances historiques pèsent fortement dans la balance et expliquent la précocité et l’intensité de cette dépendance. Il y a, en premier lieu, le rôle joué par les grandes familles de la bourgeoisie belge 4 dans ce processus d’extraversion. Dès les années 1950-1960, ces dernières vont privilégier en majorité la rente financière à l’investissement productif. De plus, elles saisiront à pleine main la construction européenne pour intégrer les entreprises belges dans des groupes de dimension européenne en conservant une participation minoritaire. La seconde tendance se construit pour partie en réaction à la première. Dès l’entre-deux-guerres, le pouvoir politique belge va mener des « politiques d’attractivité » visant à attirer sur le sol national les investissements des firmes étrangères.
 Le plan du gouvernement Eyskens III marque le début d’une période de 30 ans qui va accélérer la dépendance de notre économie envers des centres de décision situés à l’étranger. 

À l’origine, comme nous le verrons pour l’automobile, ces politiques se font au détriment des entreprises nationales. Dès les années 1960, l’appel massif des gouvernements belges aux capitaux étrangers vise essentiellement à remédier aux « inerties structurelles du capital national » 5. L’État va donc chercher ailleurs l’investissement que ne consent plus la bourgeoisie nationale. Pour ce faire, il met en place ce qu’on appelle des politiques horizontales de compétitivité ou d’attractivité. En misant sur des avantages fiscaux, salariaux ou des aides publiques, l’État espère attirer l’investissement des multinationales sur le territoire belge.
Comme souvent au cours du XXe siècle, le secteur automobile fait office de précurseur. Dans les années 1920, le législateur belge établit une taxe à l’importation de 24 % sur les produits finis, mais de seulement 8 % sur les pièces détachées. Ce choix politique va avoir pour conséquence d’attirer sur le sol belge, en Flandre principalement, les grandes marques étrangères (Ford, GM, Renault, Opel) qui y installent des usines d’assemblage à partir de pièces importées. Cette politique qui vise à attirer l’investissement étranger va par contre participer à la disparition des producteurs belges. Des 21 constructeurs automobiles belges recensés en 1910, il n’en reste que trois (Minerva, la FN et Imperia) à la fin des années 1920. Les entreprises belges n’avaient pas adapté leur organisation aux exigences de la production de masse. Le coup de grâce leur est cependant porté en 1935 lorsque le gouvernement belge décide de favoriser les implantations américaines en réduisant les droits de douane. Il enterre alors dans le même temps ce qu’il reste de la production et de l’assemblage automobiles belges 6.
Jusqu’à la fin des années 1940, l’automobile fait cependant figure d’exception. La plupart des entreprises belges sont sous le contrôle de la Société Générale et des holdings nationaux (Lambert, Brufina...), des sociétés financières privées qui possèdent des participations dans des entreprises aux activités diverses. Les multinationales sont surtout présentes en Flandre (Gand, Anvers) dans les secteurs délaissés par la bourgeoisie. À la fin des années 1940, la forte demande internationale de produits belges conduit à parler du « miracle belge » 7. Le miracle fera long feu. Contrairement aux pays voisins, l’appareil industriel belge n’a pas été complètement détruit par le second conflit mondial. La reprise a été rapide, mais, dès les années 1950, l’industrie belge vieillissante n’est plus en mesure de concurrencer celle remise à neuf en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. Au plan financier, les sociétés financières, tout comme les épargnants, se tournent progressivement vers les placements à l’étranger. Devant cette situation, l’État belge fait ce qu’il sait faire : il ouvre les frontières et tente d’attirer les investissements étrangers. En 1959, les lois d’expansion économique du gouvernement Eyskens III font une grande place « aux subsides en intérêts et autres aides à l’investissement en faveur des succursales étrangères des grands groupes multinationaux » 8. Le succès de ce plan de développement économique est très mitigé. Il ne permet pas de relever significativement le taux d’investissement en Belgique. Il profite surtout à des opérations financières et à des processus de fusions et acquisitions. Par contre, il marque le début d’une période de 30 ans (1960-1990) qui va accélérer la dépendance de l’économie belge envers des centres de décision situés à l’étranger. Ces investissements directs étrangers (IDE) se localisent d’abord en Flandre qui initie, grâce à eux, un véritable processus d’industrialisation. L’économie wallonne va rester contrôlée par les holdings nationaux jusque dans les années 1980.
La crise de surproduction qui frappe l’Europe au milieu des années 1970 et le ralentissement économique qui en découle conduisent les grands holdings belges à se désengager davantage de l’industrie pour investir leurs capitaux dans la finance. Le pouvoir politique comme les organisations syndicales perdent progressivement les relais qu’ils avaient dans les grandes entreprises.
Très longtemps, les entreprises multinationales sont surtout installées en Flandre en se substituant d’abord à une bourgeoisie industrielle flamande quasi inexistante, puis en profitant des politiques d’attractivité mises en place par les gouvernements belges. En Wallonie, la situation change à partir des années 1980. Les ventes d’Albert Frère, la prise de contrôle et le démembrement de la Société Générale de Belgique par le groupe français Suez en 1988 9, le passage sous contrôle étranger des raffineries tirlemontoises, de CBR, de Côte d’Or ou de GB, la prise de contrôle de la sidérurgie wallonne par les groupes français Usinor et Duferco entre 1997 et 2000, incarnent l’accélération de la dépendance de l’économie wallonne vis-à-vis de l’étranger. Elles représentent aussi la perte de pouvoir du monde politique sur les entreprises dont les centres de décision sont désormais situés, de façon croissante, en France, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Selon la Cnuced 10, le stock d’IDE entrant en Belgique et au Luxembourg passe de 7,3 milliards de dollars en 1980 à plus de 179 milliards en 1999. L’IDE sortant suit la même courbe.

Avantages fiscaux

En 1982, le gouvernement Martens V instaure par arrêté royal un régime fiscal préférentiel pour les filiales des multinationales présentes en Belgique. Ce régime permet à un groupe d’y installer une filiale active dans la publicité, les opérations financières ou la comptabilité. Cette filiale sera exemptée en tout ou en partie d’une série d’impôts. Comme auparavant, l’objectif du gouvernement est d’attirer les capitaux étrangers. L’effet d’aubaine pour les entreprises multinationales est énorme. Les bénéfices réalisés en Belgique et ailleurs transitent désormais par ces centres de coordination 11. En 2003, la Commission européenne réclame la suppression de cette disposition qu’elle considère comme contraire à la libre concurrence. En 2006, par un tour de passe-passe, la Belgique remplace les centres de coordination par les intérêts notionnels. Les centres de coordination sont, le plus souvent, rapatriés au sein du périmètre des multinationales. Mais, d’un point de vue fiscal, les avantages pour les groupes se maintiennent. Condamnées par certains partis et les organisations syndicales, ces mesures fiscales, profondément injustes, ne donnent aucune garantie quant à l’investissement et à l’emploi. Au contraire, nous pourrions formuler l’hypothèse que les intérêts notionnels contribuent à la désindustrialisation en emploi que connait l’économie belge. En effet, une entreprise multinationale peut très bien amasser des fonds propres en Belgique sans pour cela y développer une activité porteuse d’emploi.

La mode des clusters

L’argumentaire des défenseurs des politiques d’attractivité comme moteur du développement économique repose sur trois préceptes fondamentaux. Selon eux, l’établissement de filiales de multinationales dans un pays permet, tout d’abord, d’assurer la diffusion technologique sur le territoire et la montée en gamme de la production nationale. Par leur activité, les filiales vont également augmenter la demande de biens et services auprès du tissu économique local et les exportations nationales. Enfin, plus ces filiales s’insèreront dans l’économie locale (management, ingénieurs, sous-traitants locaux), moins il sera aisé pour le groupe de délocaliser la filiale.
En Flandre, à la fin du XXe siècle, le pouvoir public et certaines organisations syndicales du secteur automobile ont défendu la création de parcs de sous-traitance autour des usines des grands constructeurs afin d’assurer l’ancrage belge des grandes marques étrangères. Les fermetures d’Opel Anvers en 2010, de Ford Genk en 2012 ou de Caterpillar le mois dernier ont démontré que la forte insertion d’une multinationale dans l’économie locale n’est en rien une garantie de stabilité.
« En Wallonie, à la différence notable de la Silicon Valley, certains pôles de compétitivité sont outrageusement
dominés par un ou deux grands groupes étrangers. »

Ce principe d’insertion des multinationales dans l’économie locale par la création de grappes d’entreprises appelées clusters ou pôles de compétitivité est également au cœur du Plan Marshall wallon depuis 2005. La stratégie est assez simple. À partir de financements publics assez peu élevés au regard du PIB, il s’agit d’impulser des dynamiques de création de grappes d’entreprises dans certains secteurs d’activité en Wallonie. À la différence notable de la Silicon Valley où les entreprises donneuses d’ordre sont américaines, certains pôles de compétitivité en Wallonie sont dominés outrageusement par un ou deux grands groupes étrangers. Qu’adviendra-t-il du pôle BioWin si GSK, la multinationale pharmaceutique américaine dont les actionnaires 12 sont du même type que ceux de Caterpillar, trouve l’herbe plus verte ailleurs ?
La mise en place du Plan Marshall répondait autant à l’urgence de la situation économique de la région qu’aux diktats de la stratégie européenne pour l’emploi. Dans un tel contexte, ce plan est un moindre mal. Il ne faut cependant pas le confondre avec une véritable politique industrielle. Le plan Marshall wallon est une stratégie des pouvoirs publics pour attirer l’investissement étranger et, espérer que celui-ci débouche sur des emplois. Il n’est en rien une intervention directe de ces mêmes pouvoirs publics sur la structure industrielle de la Wallonie. En d’autres termes, la Région wallonne, comme ailleurs en Europe, propose un cadre propice à l’investissement et les multinationales décident de la stratégie industrielle qui s’y appliquera.
Que produit-on ? Comment le produit-on ? Ces questions sont progressivement sorties du débat démocratique depuis bientôt 60 ans. Sur cette période, la Belgique et ses régions sont passées d’un système de planification publique souple à une privatisation complète de la politique industrielle. Les politiques d’attractivité mises en place aux différents niveaux de pouvoir vont également contribuer à modifier les relations socio-professionnelles dans notre pays.

La grève hors-jeu ?

La place du syndicat dans notre système industriel a fortement changé depuis plusieurs décennies. Jusque dans les années 1980, lors de restructurations ou de fermetures, les syndicats pouvaient agir a priori sur les changements industriels et en modifier le sens soit directement, soit par le relais des pouvoirs publics. À cette époque, la grève offensive fait partie intégrante du répertoire d’actions des organisations syndicales. L’éloignement des centres de décision et la disparition du levier de la nationalisation ont, depuis lors, remis en question, chez un nombre croissant de travailleurs, la pertinence de la grève comme moyen efficace de lutte lors des restructurations. Quand elle est mobilisée, elle est généralement de courte durée et essentiellement défensive.
Depuis la crise de 2008, l’observation des restructurations dans les filiales des multinationales montre que les directions étrangères ne renoncent plus jamais à leur intention de restructurer ou de fermer les sites. Tout au plus, dans quelques rares cas, elles acceptent de réduire quelque peu le nombre d’emplois perdus. Depuis le conflit chez VW en 2006, les seuls « succès » possibles semblent finalement se situer au niveau de la gestion des conditions de départ, que ce soit sous la forme de primes ou d’accès à la préretraite 13.
En cela, les syndicats et les pouvoirs publics en Belgique suivent les recommandations de la Commission européenne pour qui les restructurations sont nécessaires à la compétitivité des entreprises européennes. Toujours selon la Commission, il est dès lors contre-productif de s’y opposer. Elle est néanmoins consciente des coûts sociaux et environnementaux de ce « laisser-faire ». C’est pourquoi elle attribue aux pouvoirs publics et aux syndicats le soin de gérer les conséquences des choix stratégiques des entreprises 14.

Conclusion

Un ministre des Finances qui refuse de récupérer 700 millions d’euros de cadeaux fiscaux illégalement accordés à 25 multinationales en février 2016. La compagnie Brussels Airlines qui sera sans doute bientôt livrée à la Lufthansa pour une bouchée de pain sans aucune certitude sur le maintien de l’emploi. L’histoire économique de la Belgique semble bégayer. Progressivement, les entreprises multinationales transforment l’économie belge. D’un centre industriel et financier important au cœur de l’Europe, cette dernière devient une plateforme logistique. Les marchandises y passent, mais elles y sont de moins en moins fabriquées ou transformées.

 

Une coordination industrielle européenne implique nécessairement un retour à des systèmes de planification publique dans lesquels les parlements ont leur mot à dire.


Si, depuis les années 1960, elles ont pu attirer certains investisseurs étrangers, les politiques d’attractivité n’ont plus le même succès aujourd’hui. Elles ont par contre progressivement disqualifié la politique industrielle en Belgique, mais également dans nombre d’États européens. Celle-ci s’est vue remplacée par une planification privée parfois décidée hors des frontières européennes. La dépendance externe de l’économie belge condamne-t-elle notre pays à une instabilité chronique? Peut-on imaginer, au XXIe siècle, un développement économique moins dépendant des grands groupes internationaux ?
Une réponse positive à cette question suppose tout d’abord, à court terme, d’arrêter les privatisations. Cela peut paraitre trivial. Pourtant, dans certains états-majors de partis politiques, au nord comme au sud du pays, l’idée d’un retrait de l’État de certaines entreprises publiques fait son chemin. Or, le contexte économique international actuel est caractérisé par des taux d’intérêt très bas et des fonds financiers disposant de liquidités importantes sans perspective d’investissement. Mettre sur le marché Belfius, Proximus, la SNCB ou encore la RTBF dans ce cadre reviendrait à en faire des proies faciles pour des fonds d’investissement internationaux dont le premier objectif serait de les « rationaliser ».… En comparaison d’une restructuration d’ampleur à la SNCB (30.000 emplois), la fermeture de Caterpillar pourrait passer pour un épiphénomène.
Ces dernières années, les gouvernements belges se réfugient souvent derrière des contraintes européennes (par exemple le respect de la concurrence) pour justifier leur immobilisme. Dans le contexte de globalisation financière, leur marge de manœuvre est faible. Néanmoins, devant le manque de résultats des politiques d’attractivité en termes de création d’emplois et de valeur, certains leviers, comme la restitution des aides publiques, la fin des commandes publiques ou l’expropriation des avoirs de l’entreprise pour assurer la continuité de l’activité, pourraient être actionnés en cas de restructurations financières.
Nos représentants politiques peuvent aussi œuvrer pour la mise en place d’une coordination industrielle européenne. Actuellement, la Direction générale Entreprises et Industrie de la Commission européenne est une coquille vide qui répond aux problèmes structurels de l’industrie européenne en se défaussant sur la concurrence déloyale chinoise. Chaque État membre mène sa propre politique de compétitivité. Les clusters ou pôles de compétitivité s’additionnent et entrent en concurrence. Caterpillar joue Grenoble contre Gosselies sans que cela engendre une réaction européenne forte.
Cette coordination industrielle européenne implique nécessairement un retour à des systèmes de planification publique dans lesquels les parlements ont leur mot à dire. Le concept fait peur. Il est chargé d’histoire. Néanmoins, aucune coordination industrielle n’est possible sans sortir du dogme de la compétitivité. Dans la pratique, l’économie est toujours planifiée. Selon les époques et les contextes, c’est le planificateur qui change. L’État, l’actionnaire, le manager... le citoyen ? Sortir à plus ou moins long terme d’une planification par les multinationales implique de réaffirmer à court terme notre volonté de planification démocratique. #

Bruno BAURAIND : Secrétaire général du Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (Gresea)

Credit Photo : Franklin heijen



1. Le portage public vise la transmission d’un actif d’un propriétaire à un autre par le biais d’une nationalisation. C’est donc une nationalisation à court terme puisqu’elle vise à remettre l’entreprise à un actionnaire privé dans des délais courts.
2. Depuis 2010, les tentatives visant soit une possibilité de portage public, soit un droit d’alerte dans le but de prévenir les restructurations, échouèrent aux abords des parlements, faute de majorité.
3. Quelle part de l’économie wallonne dépend de groupes étrangers ?, CRISP, L’actionnariat des entreprises wallonnes, 12 août 2016, disponible à l’adresse : http://www.actionnariatwallon.be/actualites/actualites-economiques/quelle-part-de-l-economie-wallonne-depend-de-groupes-etrangers.htm?lng=fr
4. Pour en savoir plus sur ces familles, voir G. KURGAN, S. JAUMAIN et V. MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, De Boeck, 1992.
5. G.KURGAN, Les groupes d’entreprises et la décision politique, CRISP, Courrier hebdomadaire n°2011, 2009, p. 21.
6. H. HOUBEN, Les restructurations dans l’industrie automobile en Belgique, Bruxelles, CRISP, Courrier hebdomadaire n°2295-2296, 2016.
7. I. CASSIERS, Du miracle belge à la croissance lente : l’impact du plan Marshall et de l’Union européenne des paiements, UCL, Ires, 1993.
8. R. SAVAGE, Économie belge 1953-2000. Ruptures et mutations, UCL, Presses universitaires de Louvain, 2004. p. 92.
9. J. COTTENIER, P. DE BOOSERE et Th. GOUNET, La Société Générale 1822-1992, Bruxelles, EPO, 1989.
10. La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement publie chaque année un rapport sur l’investissement dans le monde. Jusqu’en 2001, les données se réfèrent à l’ensemble Belgique-Luxembourg.
11. Les centres de coordination sont des entreprises spécialisées dans la prestation de services à des groupes d’entreprises internationaux et bénéficiant d’un régime fiscal privilégié d’application jusqu’à la fin 2010. Pour en savoir plus: http://www.vocabulairepolitique.be/centre-de-coordination-3/
12. GlaxoSmithKline, la fiche de l’entreprise est disponible sur l’observatoire des entreprises du Gresea à l’adresse: http://www.mirador-multinationales.be/secteurs/pharmaceutique/article/glaxosmithkline
13. B. BAURAIND, A.DUFRESNE et J. VANDEWATTYNE, La grève d’entreprise en Belgique après 2008: continuités et accentuations, in Crises et mondes du travail, 15e Journées internationales de sociologie du travail, Athènes, Grèce, 2016
14. Lire à ce sujet le livre vert de 2012 sur l’anticipation du changement.
DEMO SEPTEMBRE 2017 LOW-page-001

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