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 Le secteur de la presse vit actuellement une période de transition : les effets conjugués des nouvelles technologies numériques et de la crise de son modèle économique rendent cette industrie de plus en plus fragile. Alors que les médias d’information se cherchent, le « slow journalisme » a fait son apparition et, petit à petit, creuse son nid. Mais ce journalisme qui enquête et prend le temps dispose de peu d’espace dans la presse belge. Pourtant, de nombreux acteurs vantent déjà les vertus de cette nouvelle approche du métier. Serait-ce la panacée ? Décryptage.



«Nous vivons une période de profonde mutation ». Cette phrase sonne aujourd’hui comme un leitmotiv au sein du monde médiatique. Cette période de transition renvoie à l’essoufflement du modèle commercial traditionnel de la presse tandis qu’un nouveau système économique tarde encore à se concrétiser.
Pour le professeur américain de journalisme Clay Shirky, le modèle triangulaire de l’éditeur-audience-annonceur est aujourd’hui remis en question : « En 1830, The Boston Evening Transcript fonde le modèle économique moderne de l’information. L’éditeur donne à l’audience l’accès aux informations. L’audience assure à l’éditeur l’accès aux annonceurs. Les annonceurs paient l’éditeur selon leur part d’audience »  1.  D’après lui, chacune de ces trois branches vacille actuellement : « Le problème du journalisme n’est pas simplement que les revenus s’effondrent. C’est le contexte global dans lequel il opère qui connaît un profond bouleversement » 2. Les éditeurs ont toujours vendu leurs espaces publicitaires par rapport à la fidélité des lecteurs. Or, en réalité, ces derniers n’ont jamais été loyaux, mais simplement inactifs.
Avant l’arrivée de l’Internet, quand les choix étaient limités, le lecteur achetait continuellement le même journal souvent par paresse, préférant lire d’autres articles de ce même journal plutôt que de chercher une alternative. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, le public lit ce que son cercle de connaissances lui envoie. Il sélectionne des liens plutôt que des publications ou des titres. Le public acquiert une nouvelle autonomie par rapport à une information inconnue des entreprises de presse il y a encore quelques dizaines d’années. Plus concrètement, le public ne dépend plus de son quotidien ou du programme d’information du soir pour obtenir les nouvelles. Il est aujourd’hui un acteur à part entière de l’information. Les entreprises de presse ne disposent donc plus de cette fonction de « maître des sources ».
Conjointement, les médias et leur public font du gatewatching, c’est-à-dire qu’ils filtrent ensemble l’information. Cette autonomie du public force les médias à entreprendre une course effrénée pour retrouver leur audience. Avec des contraintes déjà bien réelles : diminution des moyens, procédure de restructuration et licenciement de personnel. Et une victime ultime en bout de course : la qualité de l’information.

Pressions et conformismes

En Belgique, les critiques vis-à-vis de l’industrie de la presse ne sont pas nouvelles, mais elles tendent à s’intensifier. De nombreux professionnels pointent les dérives d’une logique toujours plus économique au sein des médias. Ce modèle exacerbe la consommation de l’information. Les entreprises de presse sont devenues des entreprises qu’on manage, et l’information, un outil marketing avant tout.
Il y a ce sentiment partagé que le journalisme est un métier comme un autre, en mode de fonctionnariat, « routinisé » et désormais très peu poussé par la passion. Le politiquement correct colle à la presse forçant les journalistes à être plus lisses et consensuels. « Dans le cas des journalistes, il y a une pression sur la crédibilité, sur l’avancement, sur la carrière. Et donc, il est très difficile pour un journaliste d’aller se démarquer » 3, souligne un journaliste belge. Il est alors plus confortable de faire comme les autres au risque d’abandonner une véritable culture du débat. Un autre journaliste témoigne : « La rareté de l’argent fait que le journalisme ne peut plus exister, car creuser ne rapporte rien ». Il y a également les conditions précaires des journalistes à qui il est demandé de multiplier les tâches, d’être présents sur le net et sur le papier dans un temps toujours plus compressé.
La multiplication des pigistes indépendants dans la presse contribue à la précarisation du statut professionnel. Ces journalistes n’ont souvent d’autre choix que de devoir écrire à tout prix pour gagner leur vie. Cette logique économique peut renforcer un climat de peur permanent dans lequel les journalistes salariés et indépendants se voient de plus en plus contraints d’exécuter les tâches qui leur sont confiées afin de satisfaire leurs supérieurs. Ces réflexes de défense semblent aujourd’hui inhiber tout un processus d’innovation et de poursuite d’un journalisme qui se donne le temps.
Le journaliste américain Mark Feldstein illustre clairement le cercle vicieux à l’œuvre au sein des médias : « Au plus les entreprises de presse perdent de l’argent, au plus elles doivent capter l’attention, et transigent sur la qualité du produit, qui fait que de moins en moins de personnes sont prêtes à payer pour, ce qui les conduit à perdre encore plus d’argent, et les oblige à couper dans le budget, etc. ». Tous ces petits systèmes de fonctionnement économiques rendent de plus en plus difficile la pratique d’un journalisme sain et favorise une certaine pression sur les journalistes. Avec comme danger la déqualification des journalistes et la mise à mal de leurs réflexes professionnels.
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Quelle culture de la presse ?

À côté des effets perceptibles d’un système économique pernicieux surgit la question culturelle. À quel point la presse et les journalistes sont-ils prêts à prendre du temps pour investiguer ? À ce sujet, les doutes se mêlent à l’optimisme. Il existerait un effet de génération caractéristique d’une société devenue plus « inodore » et plus individualiste. Beaucoup de dirigeants de presse cèdent à la facilité de l’infotainment, l’information divertissante, et fournissent une information facile à une grande partie du public qui n’en attend pas moins. Du côté des journalistes, il y a une volonté plus accrue de concilier vie professionnelle et vie privée avec un salaire confortable. Comme le rappelle Hervé Serieyx, « de nos jours, en entretien face à des diplômés de Sup, on entend : « c’est quoi les horaires ? ». C’était inenvisageable il y a 20 ans ! » 4. Cette équation est presque utopique dans le cas du journalisme, car beaucoup rappellent que : « Le journalisme n’est pas un métier comme un autre ». On ne l’exerce pas pour soi, mais pour le bien commun. On ne le pratique pas pour l’argent, mais pour le service qu’on rend. Même si l’image du présentateur du journal parlé continue de susciter de nombreuses vocations auprès des futurs journalistes, l’image d’Épinal du grand reporter fait encore et toujours rêver. Une étude menée en France en 2013 auprès d’étudiants journalistes montre que les figures du reporter, du correspondant étranger et même du correspondant de guerre sont davantage admirées que celle du journaliste digital coincé entre quatre murs 5. Dans le monde professionnel, certaines voix se lèvent pour inciter les entreprises de presse à mieux investir dans l’enquête. Car, selon de nombreux observateurs, il existerait un lien entre la situation morose de la presse et la perte de sa mission démocratique. Pour le directeur général du journal Le Monde, David Guiraud, le problème des entreprises de presse est qu’elles se sont détournées de leurs lecteurs pour se concentrer davantage sur le produit. Elles s’apparentent à ce qu’il appelle des fast media. Pour lui, la mission des journalistes doit être de créer une écologie de l’intelligence.

 Demain, quels financements ?
En Belgique, les entreprises de presse restent très dépendantes du modèle commercial : elles sont généralement intégrées dans des grands groupes de presse qui tentent de diversifier leurs activités pour pouvoir continuer à faire vivre les rédactions. Récemment, le rachat du groupe de presse L’Avenir par le cablô-distributeur belge Tecteo a remis sous le feu des projecteurs la question de l’avenir du financement de la presse.
Force est de constater que de nouveaux modèles économiques vont devoir être pensés, même les plus insolites, les plus dérangeants ou les plus hybrides. Dans d’autres pays d’Europe, comme l’Allemagne, la France ou l’Italie, le récent lancement de pure players (médias sans support papier) donne un aperçu d’initiatives créatives pour soutenir la production de l’information 1. Si la pub va certainement continuer à être un levier financier important pour la presse, les outils numériques à la disposition des entreprises devraient leur permettre de mieux connaître leur public et de mieux cibler les annonces publicitaires. Ainsi, les ressources multimédias et notamment le support vidéo connaissent de plus en plus de succès auprès des internautes et permettent aux médias de développer un contenu de qualité et approfondi. Cela tombe bien, c’est justement ce que les annonceurs recherchent ! Beaucoup d’entre eux parlent de « publicité ciblée » ou de « multiplicateurs influents » et n’ont plus la volonté de brasser la plus grande audience. Ces pure players montrent également les promesses du content marketing. Concrètement, ce dernier consiste à faire de la publicité un support qui ne soit plus vu comme envahissant pour le public, mais qui s’insère dans le projet éditorial du média. Le magazine américain Salon a, par exemple, créé une série d’articles sur les valeurs héritées de père en fils, répondant ainsi à la demande de la marque Bulgari qui faisait une campagne à l’occasion de la fête des Pères.
Face au modèle commercial, se développe également le secteur non lucratif qui voit des fondations et des particuliers investir une part de leur argent dans le journalisme d’investigation. Ce modèle est actuellement très en vogue aux États-Unis qui connaissent une longue tradition philanthropique. Qu’en est-il au niveau européen et belge ? Le modèle se développe, mais une majorité d’acteurs est convaincue qu’il ne peut à lui seul permettre de financer un journalisme de qualité. Des barrières légales 2 et culturelles doivent encore être levées. Il en va de même avec le crowdfunding qui connaît encore quelques contraintes. Même s’il permet à des journalistes de s’ouvrir et de faire connaître leur projet en favorisant la transparence et la responsabilité, il faut encore pouvoir l’ «emballer », le « vendre » et opérer dans un bon timing. #


1. Nicola Bruno & Rasmus Kleis Nielsen, « Survival is success. The Emergence of Journalistic Online Start-ups in Western Europe », Challenges, Reuters Insitute for Study of Journalism, Avril 2012.
2. En Angleterre, par exemple, l’activité n’est pas reconnue comme activité charitable et ne fait donc pas l’objet d’une déductibilité fiscale, qui reste un incitant important à faire un don.

Slow information

L’investigation, ou plus généralement le slow journalisme, apparaît comme une solution à cette dérive de la profession. Du côté des observateurs et des acteurs de la presse, on s’accorde. La renaissance de la presse passe par les slow media, c’est-à-dire « revenir à un véritable journalisme. Un journalisme d’enquête, qui prend du temps de confrontation, de réflexion», explique le  journaliste français Emmanuel Schwartzenberg. Plus concrètement, au lieu de passer les plats de l’information, le rôle de la presse doit être de cuisiner cette information en la contextualisant, la hiérarchisant afin de lui donner du sens. Le terme anglais « slow » est utilisé en opposition avec l’instantanéité et l’immédiateté qui caractérisent notre société aujourd’hui et qui n’épargnent pas le monde médiatique. Après les mouvements de slow food et de slow living, celui du slow information progresse dans le secteur de la presse.
Donner de l’épaisseur à l’information comporte deux enjeux. Premièrement, le journalisme reste un outil fondamental d’éducation permanente des citoyens. Deuxièmement, les médias doivent rester des courroies de transmission indépendantes participant pleinement à la santé démocratique de la société. Par ailleurs, le citoyen est en droit d’exiger une presse à la hauteur de la complexité croissante de notre environnement.
Comme le remarque ce journaliste belge : « Plus que jamais, on a besoin de décrypter le monde ». Au risque de voir les journalistes se transformer en communicateurs de la masse des communicants qui inondent aujourd’hui notre société de communication. Plus fondamentalement, l’essor du slow journalisme vise à redonner de la valeur à l’information. Dans un paysage hyperconcurrentiel, le meilleur moyen de se démarquer reste d’apporter quelque chose d’autre. Selon le chercheur américain Randal Beam, le degré d’incertitude perçu par les dirigeants de presse les empêche cependant de prendre des risques. Adopter une logique commerciale leur permet de diminuer ce niveau de perception. Cette idée fait écho à une autre perception établie : le faible taux de créativité de la presse. C’est ce que confirme le journaliste belge et expert en nouveaux médias, Damien Van Achter : « L’idée de se singulariser pour sortir du lot est très peu présente en Belgique ». Le meilleur exemple réside dans l’Internet. « Les journalistes sont doués pour repérer les choses qui vont mal, mais pour traquer les choses qui marchent, ils le sont moins. Ils n’ont pas vu le web comme un outil capable de faire la différence », poursuit-il.
Or, il semble acquis qu’on ne peut préserver les vieilles recettes dans un monde aussi évolutif. Pour le journaliste français Éric Scherer, on assiste actuellement à une sorte de désacralisation du métier, la fin d’un clergé. Le corporatisme des acteurs de la presse, le « nous savons ce qui est bon pour vous » demeure un frein à l’innovation. Damien Van Achter voit cependant un potentiel palpable dans la création de valeur à travers une vision entrepreneuriale du journalisme. Mais que signifie entrepreneurial ? Le journaliste Arnaud Grégoire propose le modèle du « journaliste entrepreneur social ». Dès demain, le journaliste devra aller chercher lui-même les financements nécessaires à la production d’une information d’intérêt public. Force est de croire que les grands médias seront de plus en plus des pourvoyeurs d’audience plus que des bailleurs de fonds. En d’autres mots, les professionnels de l’info ont de plus en plus intérêt à se montrer proactifs et non attentistes. C’est là qu’Internet apporte une plus-value : l’interactivité du web permet de recréer un lien avec le public, de le faire participer à l’information et de regagner ainsi sa confiance.

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L’exemple Mediapart

L’exemple le plus salué ces dernières années est le site d’information Mediapart. Créé en 2008 par l’ancien journaliste du Monde, Edwy Plenel, le site est ce qu’on appelle un pure player, une entreprise active uniquement sur le net. Un phénomène qui se multiplie dans le domaine de l’information. Selon Martine Orange, une des journalistes de la rédaction, le titre va à rebours des convictions du moment. Il n’est pas dans le flux continu d’informations ; la publicité est absente du modèle de financement ; et les journalistes qui font de l’investigation sont payés convenablement. Mediapart s’est construit sur les atouts du média participatif même s’il tente toujours de tirer profit des potentialités du web. Ce modèle « fait partie de leur contrat de lecture (...). Cela veut dire qu’ils ont le sentiment d’avoir un pouvoir de contestation ». Mettre de la publicité revient en quelque sorte à une rupture du contrat, à une prise de pouvoir insidieuse. La journaliste loue les vertus d’Internet : « C’est un domaine formidable parce que vous n’avez de pression ni de temps ni d’espace si la maquette est bien faite (...). Vous avez le temps et l’espace pour décrire des phénomènes à fond, pour parler de pensées complexes sans sous-entendus, sans limitation par rapport à ce que vous oblige un journal papier. Cela veut dire que vous n’êtes pas obligé d’aller à une simplification de la pensée et des faits ». Il s’agit d’un média perturbateur par excellence. « Je pense qu’on a prouvé des choses, on est en train de percevoir des choses et on a semé des petites graines qui vont faire école, pas forcément pareil », estime Martine Orange.
La revue XXI est l’autre exemple le plus parlant, mêlant reportage au long cours et réussite économique. Pour son lancement en juin 2013, la revue Vanity Fair made in France a, elle aussi, misé sur le slow journalisme. « Là, le temps s’accélère. Vanity Fair vous propose de le ralentir et d’aborder différemment la vision du monde qui nous entoure », explique son directeur de publication, Michel Denisot.
L’exemple de Mediapart est d’autant plus remarquable qu’il est apparu dans une culture francophone généralement caractérisée par sa frilosité par rapport à l’enquête. Globalement, la culture anglo-saxonne représentée par les États-Unis et le Royaume-Uni, soutient davantage l’enquête en y consacrant plus de fonds. En Belgique, le Fonds pour le journalisme existe depuis 2009 à l’initiative de l’AJP, l’association professionnelle des journalistes belges, et est financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Chaque année, quatre appels à projets sont lancés. Ce système est pourtant aujourd’hui critiqué. « Les rédactions n’investissent pas dedans. Elles s’en rendront compte quand elles auront épuisé le filon. Elles se disent que ça viendra toujours, qu’il y aura toujours des gens qui viendront avec de l’investigation ou que les lecteurs vont se contenter de dépêches reprises par un journaliste, personnalisées, via des contacts, et signées », explique un journaliste belge.
Beaucoup d’observateurs voient la petite taille du pays comme un obstacle économique de poids. Dans des pays plus grands, les journalistes disposent souvent de plus de temps et de latitude pour enquêter. Aux États-Unis, de nombreux mécènes et investisseurs privés investissent une partie de leur argent dans l’investigation. La famille Sandler finance par exemple le site d’information américain ProPublica et la fondation Ford a accordé une bourse à deux grands quotidiens, le Washington Post et le Los Angeles Times, pour mener des projets d’enquête. Il ne faut cependant pas aller aussi loin puisque la culture germanique est souvent prise en exemple comme plus mordante. La Flandre, les Pays-Bas et l’Allemagne ont aujourd’hui des associations qui rassemblent des journalistes d’investigation. Ce qui n’est pas encore le cas dans le monde francophone. « C’est une question de priorité et d’histoire du journalisme dans notre pays liée à l’histoire des pratiques. Je crois que dans les pays anglo-saxons, le rôle de la presse d’investigation est beaucoup plus important que chez nous. Le scandale du Watergate en est le symbole. Quand on voit certains dossiers en France, ça n’a amené à aucun débat politique », conclut un journaliste belge.

Vers une logique de l’offre

Au-delà des enjeux économiques – comment oser prendre des risques et investir ?  –  et de la question culturelle, demeure celle du public. Car le défi est bien d’encourager une logique de l’offre. C’est un véritable pari pour une presse à l’affût des articles les plus consultés et à la merci des chiffres d’audience. Le public serait devenu anesthésié. Il aboie beaucoup, mais mord très peu. Il a encore aujourd’hui le luxe de pouvoir lire des informations gratuitement sur le net. Et il ne s’en prive pas. C’est dire s’il y a encore des efforts à faire dans le domaine de l’éducation aux médias. Faire le tri entre des informations rapides et factuelles et des informations plus creusées. Pourtant, beaucoup d’acteurs en sont convaincus : il existe un marché pour ce type de journalisme. « Si vous continuez à donner une version au rabais, le public finira par s’en aller. C’est ce que fait la presse en tentant de garder des marges de profit élevées. C’est bien de compléter votre travail avec des tweets, via les réseaux sociaux, mais c’est comme ne prendre qu’un dessert à la place d’un vrai repas complet », mentionne le journaliste américain Walt Bogdanich.
Pas de doute, l’image du fast food est efficace pour montrer les effets néfastes d’une information rapide. Cependant, quand les journalistes parlent d’un système en place, il y a cette idée d’un rouleau compresseur qui les dépasse. La presse et ses acteurs ont-ils aujourd’hui la possibilité de changer le cours des choses ? Peuvent-ils croire à fond au rêve du slow journalisme ? C’est en tout cas le discours qui gravite aujourd’hui autour de l’idée de reconstruction du journalisme. Si le chemin semble encore long, la prise de conscience d’une crise de crédibilité et de l’érosion des réflexes journalistiques est, elle, effective. Il ne s’agit donc pas de diaboliser quelqu’un en particulier, mais de montrer l’intérêt d’une presse qui s’ouvre, qui prend le temps de respirer et qui ose le débat. #
(*) Doctorante à l’École de Communication de l’UCL.

1. Clay Shirky., « Failing Geometry », Columbia Journalism Review, Septembre/Octobre 2012, p 29.
2. Idem.
3. L’ensemble des citations de l’article est issu d’entretiens réalisés par l’auteur dans le cadre de sa thèse de doctorat sur l’investigation dans le champ du journalisme.
4. Hervé Sérieyx, Les jeunes et l’entreprise, des noces ambiguës, Paris, Éditions d’organisation, 2005, 168 pages.
5. Maria Santos-Sainz, « The imaginaries of the future journalists in France », Institute of Journalism of Bordeaux Aquitaine, Michel de Montaigne University of Bordeaux, France, 2013.

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