Imaginez qu’un riche ami se paie le gueuleton du siècle dans un restaurant 4 étoiles. À la fin du repas, il vous convie à prendre le café. Ça-c’est-gentil-merci. Le café avalé, l’ami se taille et vous laisse l’addition. Ça, par contre, c’est moins sympathique... Pourtant, c’est à peu près ce que nous sommes en train de faire avec le « reste de la planète » (les pauvres, quoi !) et la lutte contre le changement climatique. Pendant deux siècles, on s’est payé le gueuleton industriel du millénaire, accumulant ainsi une addition extraordinairement salée de CO2 dans l’atmosphère. Après avoir invité les pauvres à prendre le café, on leur dit : « Venez vite nous aider à faire la vaisselle ». Pas très courtois, n’est-ce pas ? Hé bien, eux, c’est un peu comme ça qu’ils voient la situation... Alors l’autre jour, quand j’ai vu dans les embouteillages (j’vous jure, j’étais à vélo) un autocollant sur une grosse cylindrée qui affichait « I love CO2 », j’ai immédiatement téléphoné au Tribunal pénal international pour dénoncer ce crime contre l’humanité. Pas de chance, je suis tombé sur le répondeur. Mais j’ai laissé un message. Chaque fois qu’on entre dans sa voiture pour faire dix kilomètres, on devrait faire un petit calcul : « 10 x 160 gr = 1,6 kg de CO2 ». Ensuite, se poser une question : « Ma voiture est-elle à ce point nécessaire que je m’arroge le droit d’ajouter 1,6 kg de CO2 à ma dette climatique ? » Vous me direz : c’est de plus en plus dur d’être solidaire aujourd’hui. Ben oui, c’est ça la force du système. Mais vous verrez, avec un baril à 250 dollars, on sera tous solidaires. Sauf les grosses cylindrées. Comme d’hab.

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

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