Un jour, j’ai lu dans un livre savant que la monnaie avait trois fonctions : favoriser l’échange, permettre l’épargne, et étalonner la valeur. Échange, épargne, étalon : vous avez remarqué, ça fait trois « é ». Plus tard, j’ai lu dans un autre livre savant que ça, c’était un joli conte, mais que dans la pratique, la monnaie était surtout un moyen de rêver qu’on est le chef. Un pouvoir que l’on cherche tous à s’approprier. Bien sûr, on sent qu’il y a du vrai là-dedans aussi. Le conte est joli, mais il faut bien se rendre à l’évidence : si l’argent ne servait qu’à l’échange, l’épargne et la mesure de la valeur, il n’y aurait sans doute pas de fraude, de mafias, de milliardaires, de multinationales, de banques d’affaires et de guerres économiques. Alors, que croire : le conte, ou l’histoire immorale mais instructive ? À la réflexion, je pense que les deux ont raison ensemble. Ainsi, l’histoire nous dit que la richesse ne se crée que si l’on parvient à transformer l’échange en asservissement (comme l’attestent certains épisodes des relations entre pays riches et pauvres), l’épargne en accaparement (comme l’attestent certains épisodes, etc.), et l’étalon de valeur en arbitrage suprême des valeurs (comme l’atteste, etc.). Vous voyez : les deux livres avaient finalement vu juste. Les trois vraies fonctions de la monnaie, que remplissent d’ailleurs à la perfection les marchés financiers, sont donc l’asservissement, l’accaparement, et l’arbitrage des valeurs. Ça alors, vous avez remarqué : les trois « é » sont devenus trois « a »...

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

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