Quand on songe aux journées, aux semaines, aux années parfois, d’effort, de sueur et de douleur qu’il a fallu à Verlaine ou à Baudelaire pour accoucher d’un simple quatrain parcouru en quelques secondes à peine par des lecteurs distraits... Quand on s’imagine les interminables insomnies de Mozart ou Schubert pour produire quelques minuscules instants d’harmonie musicale versée dans des oreilles trop souvent ingrates et inattentives, quand on s’attarde à l’infinie minutie du moindre coup de pinceau de Raphaël ou de Vinci pour couvrir le plus petit millimètre carré de toiles qui ne seront qu’entraperçues par des touristes pressés de se rendre au Museum Shop pour acheter une gomme Van Gogh ou un taille-crayon Picasso, quand on cerne enfin l’ahurissante démesure que suppose tout travail artistique entre la durée laborieuse de sa conception et la fugacité négligente de sa perception, on ne peut que se sentir tout petit comme citoyen et applaudir le génie artistique à la fois impersonnel et collectif, contemplativement immobile et frénétiquement dispersé, qui a présidé pendant de si longues semaines, avec tant d’obstination, et sans chercher d’autres récompenses que l’amour du débat et du désaccord pour eux-mêmes, à la constitution d’un gouvernement si bref. Comme on dit quand on sait que ça ne va pas être très bon : « C’est le processus qui compte et pas le résultat... »

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

« Où placer Michel, Reynders, Chastel ? Le casse-tête du casting libéral pour les… Lire la suite
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