C’est de bonne guerre. Des événements aussi importants que les Jeux olympiques, aussi retentissants, et fondés sur des valeurs si fortes que l’esprit sportif, la participation ou l’échange culturel sont de trop belles occasions de faire valoir l’une ou l’autre revendication, de dénoncer certains abus, de rappeler que le monde n’est pas aussi fair-play que le flegme britannique pourrait le laisser espérer. Il y eut donc, à la veille de l’ouverture des Olympiades 2012, les menaces de grève des douaniers et des cheminots londoniens. Il y eut l’écœurement des sidérurgistes et syndicalistes wallons après l’annonce que le patron d’Arcelor-Mittal, responsable de la fermeture des hauts fourneaux liégeois, porterait la flamme olympique de Kensington à Chelsea. Il y eut les dénonciations par des plates-formes comme achACT des conditions de travail inacceptables chez certains sous-traitants chinois, turcs ou indonésiens de sponsors officiels des jeux, comme Adidas, ou de la délégation belge, comme JBC. Et de la passivité du COIB. Il y eut aussi le désarroi des 3.500 athlètes musulmans tiraillés entre l’envie de gagner la compétition et l’obligation de respecter le jeûne du Ramadan. Il eut sans doute été trop compliqué de déplacer de quelques semaines les dates des Jeux entre Roland Garros, l’Euro 2012, Wimbledon, le Tour de France et les courses de formule 1... On me taxera peut-être de mauvais coucheur. On m’accusera à juste titre de n’apprécier que très modérément ces grands-messes où l’on exhibe autant le fric que le muscle. Allez, à mon tour d’être fair-play : cette année, et pour la première fois, le Qatar, le sultanat du Brunei et même l’Arabie saoudite ont envoyé des athlètes féminines aux JO. C’est pas beau le sport ?

 

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

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