Tout va mal. Les petits agriculteurs en ont marre d’être traités comme les vaches à lait de la grande distribution. Les facteurs se sentent poste restante. Les boulangers ont des problèmes croissants. Chez Opel-Anvers, les ouvriers menacent de débrayer. Chez Electrabel, les syndicats sont sous tension. Les éleveurs de volaille ne veulent plus se faire plumer. Les bouchers doivent se battre pour leur steak. Les brasseurs sont sous pression. Les cheminots veulent conserver leur train de vie. Les veilleurs de nuit n’en peuvent plus de vivre au jour le jour. Les pédicures travaillent d’arrache-pied pour de faibles revenus, tandis que les ambulanciers ruent dans les brancards, et les pêcheurs haussent le ton. Tout va mal. Mais vous aurez quand même remarqué que quand tout va mal, c’est toujours les petits qui trinquent le plus. Comment cela se fait-il ? Y a-t-il, dans la mécanique quantique, une loi universelle qui dit : « C’est toudi les p’tits qu’on s’potch » ? Non, c’est beaucoup plus simple. Comme l’écrit ce cher Jules Fafchamps : « Les riches, les nantis, les bourgeois qui animent la réflexion des “élites” dont notre sort dépend ne seront jamais prêts à organiser ni produire plus de solidarité, de justice, d’égalité entre les gens et les peuples ». Et pourquoi donc ? Parce que plus on gravit l’échelle sociale, moins on est porté à la solidarité avec ceux d’en dessous. Ça ralentirait la progression... Cela, c’est une loi universelle du genre humain à laquelle rares sont ceux qui n’ont pas succombé. Résultats : les céréaliers sont sur la paille, chez les pompiers ça commence à chauffer, les taximen se sentent roulés, etc.

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

« Où placer Michel, Reynders, Chastel ? Le casse-tête du casting libéral pour les… Lire la suite
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