Cette fois, c’est du sérieux. On ne fait plus dans la dentelle diplomatique. On montre ses biscoteaux : le ministre suisse de la Défense a décidé d’échanger publiquement sa Mercedes contre une Peugeot. Non, mais… Et tout cela pourquoi ? Pour protester contre l’Allemagne qui oblige la Confédération helvétique à assouplir le secret bancaire. On peut imaginer qu’en mesure de rétorsion, le ministre allemand va ôter publiquement sa montre suisse et arrêter illico de manger du Toblerone. Sans blague, l’affaire pourrait prendre des dimensions insoupçonnables. Imaginez que Sarkozy n’achète plus de pralines belges tant que Reynders n’a pas mis en œuvre la coopération administrative en matière d’échange d’informations fiscales. Ou que le premier ministre luxembourgeois, Juncker, cesse toutes ses recettes à la crème anglaise pour protester contre les paradis fiscaux dépendant de la Couronne britannique. Pire : qu’il arrête de manger du roast-beef ! L’affaire pourrait même prendre une tournure internationale : imaginez aux États-Unis le président de la Fed qui, pour dénoncer la faiblesse de la devise chinoise, déciderait d’enlever publiquement son caleçon et ses chaussettes made in China. Scandale ! Heureusement, nous n’en sommes pas encore là. Et, à bien y réfléchir, cela vaut quand même mieux que la dissuasion nucléaire. N’empêche : devant la tournure des événements, j’ai moi aussi décidé de protester. J’ai pris ma voiture, fabriquée en Belgique, et j’en ai arraché le système électrique (made in France), grifé la carrosserie (made in Espagne), débranché la batterie (made in USA), et crevé les pneus (made in Allemagne). Que cela leur serve de leçon. Non mais...

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

« Où placer Michel, Reynders, Chastel ? Le casse-tête du casting libéral pour les… Lire la suite
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