Ce qu’il y a de bien avec la logique ultralibérale, c’est qu’elle ne cesse de nous surprendre et repousse toujours plus loin les limites de l’impensable. Petit rappel en trois temps. Un, elle a acculé les travailleurs du textile du Bangladesh à l’exploitation la plus totale et s’est délectée du manque de réglementation dans ce pays.

Que des immeubles s’écrasent en causant la mort de milliers de personnes importe peu tant que les plantureux chiffres d’affaire ne sont pas impactés. Deux, petit sursaut de certaines grandes marques de vêtements, car il faut à tout prix sauver les apparences et conserver son image de marque. Certaines d’entre elles se résignent donc à signer un accord sur la sécurité des bâtiments au Bangladesh. Mais d’autres comme GAP s’en moquent éperdument et étalent leur cynisme au monde entier. Le credo est clair : leurs bénéfices ne valent aucun sacrifice, même si les vies de milliers d’autres travailleurs du textile sont potentiellement en jeu. Trois, la marque de prêt-à-porter « Abercrombie & Fitch » annonce en grande pompe que sa ligne féminine ne sera produite que pour des tailles « fines » pour véhiculer l’image d’un label jeune, branché et sexy. Et qu’elle préfère brûler ses vêtements invendus que d’en faire don aux démunis… Un état d’esprit résumé par son PDG Mike Jeffries : « Beaucoup de gens ne sont pas à leur place dans nos vêtements, et ils n’y seront jamais ». Eric Remacle, président de la CNAPD et contributeur éclairant à Démocratie, qui vient de nous quitter, n’était ni trop gros, ni trop vieux, ni trop moche, ni trop pauvre. Pourtant, lui non plus n’était pas à sa place dans les vêtements de Mike Jeffries. Non, la sienne était aux côtés des travailleurs du Bangladesh ou d’ailleurs. Peut-être était-il juste trop beau pour porter des vêtements de marque…

Le Gavroche

« Après moi les mouches... »

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